Attestation Consuel : quand elle est exigée et combien elle coûte

L’attestation de conformité Consuel est le document qui certifie qu’une installation électrique neuve ou entièrement rénovée respecte la norme NF C 15-100. Sans ce visa, le gestionnaire de réseau (Enedis dans la plupart des cas) refuse la mise en service du compteur. L’obligation découle du décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972, toujours en vigueur, qui confie au Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité (Consuel) la mission de viser ces attestations avant tout raccordement.

Jaune, verte ou violette : trois attestations selon le type d’installation

Le Consuel distingue trois formulaires. L’attestation jaune concerne les locaux d’habitation (maison individuelle, appartement, logement collectif). L’attestation verte s’applique aux installations de production d’énergie, notamment les panneaux photovoltaïques en revente de surplus. L’attestation violette couvre les locaux non résidentiels (commerces, bureaux, bâtiments agricoles). Choisir le mauvais formulaire retarde le dossier, parfois de plusieurs semaines.

Attestation Couleur Usage
Cerfa 12506*03 Jaune Logement neuf ou rénovation totale
Cerfa 14734*03 Verte Production d’énergie (photovoltaïque, éolien)
Cerfa 12506*03 (volet violet) Violette Locaux tertiaires, industriels, agricoles

Voir aussi GTL : dimensions imposées et erreurs qui font échouer le Consuel

Combien coûte l’attestation Consuel ?

Les tarifs sont fixés par le Consuel et révisés chaque année. Ils varient selon la couleur du formulaire et le mode de demande (en ligne ou papier). Les montants exacts, mis à jour régulièrement, sont publiés directement sur le site officiel du Consuel. La commande en ligne est systématiquement moins chère que la commande par courrier. Le paiement s’effectue au moment de la commande du formulaire, avant même le passage éventuel d’un inspecteur.

À ce coût s’ajoute celui de la mise en conformité elle-même si l’inspecteur relève des non-conformités. On le verra plus bas : la gaine technique de logement (GTL) et les protections différentielles sont les deux points qui génèrent le plus de refus.

Comment obtenir l’attestation, étape par étape

La demande se fait sur le site du Consuel ou par courrier. Le particulier ou l’électricien commande le formulaire correspondant, le remplit en décrivant l’installation, puis le renvoie signé. Le Consuel décide alors soit de viser directement le document, soit de programmer une visite de contrôle sur site. En cas de visite, l’inspecteur vérifie la conformité à la norme NF C 15-100 : tableau électrique, protections différentielles, sections de câbles, interrupteurs différentiels 30 mA, mise à la terre.

Si l’installation est conforme, le visa est apposé et l’attestation renvoyée. En cas de non-conformité, un rapport détaille les points à corriger. Une contre-visite est alors nécessaire. Le délai moyen entre la réception du formulaire et le visa, selon le Consuel, dépend de la charge du comité régional.

Qui remplit et qui vise l’attestation ?

N’importe quel particulier ayant réalisé lui-même son installation peut remplir l’attestation. Un électricien professionnel peut aussi la remplir pour le compte de son client. Dans les deux cas, c’est uniquement le Consuel qui délivre le visa. Ni l’installateur, ni le bureau de contrôle, ni Enedis ne peuvent s’y substituer. Le Code de la construction et de l’habitation impose cette étape pour toute mise sous tension d’une installation neuve ou entièrement rénovée.

Laurent Vidal
Laurent Vidal

Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. Il intervient sur la rénovation électrique, la mise aux normes et les bornes de recharge, et tient son carnet technique en ligne.

Sources

  1. legifrance.gouv.fr
  2. consuel.com

À lire aussi

Parafoudre : dans quels départements et quels cas il est obligatoire
Normes et réglementation

Parafoudre : dans quels départements et quels cas il est obligatoire

Le parafoudre est obligatoire dans tout bâtiment alimenté par une ligne électrique aérienne et situé dans un…

Interrupteur différentiel 30 mA : ce qu’il protège et ce qu’il ne protège pas
Normes et réglementation

Interrupteur différentiel 30 mA : ce qu’il protège et ce qu’il ne protège pas

L'interrupteur différentiel 30 mA surveille en permanence l'écart entre le courant entrant et le courant…

Différentiel type AC, A ou F : lequel sur quel circuit et pourquoi
Normes et réglementation

Différentiel type AC, A ou F : lequel sur quel circuit et pourquoi

Le type AC détecte les courants de fuite alternatifs sinusoïdaux, le type A y ajoute la détection des…

NF C 15-100 : les règles à connaître pièce par pièce
Normes et réglementation

NF C 15-100 : les règles à connaître pièce par pièce

La norme NF C 15-100 fixe le nombre minimal de prises, de circuits et de points d'éclairage exigés dans…

Niveaux d’habilitation électrique : le tableau complet des lettres et chiffres
Normes et réglementation

Niveaux d’habilitation électrique : le tableau complet des lettres et chiffres

B0, B1, B2, BR, BC, H0, H1, HC… Sur un chantier, ces combinaisons de lettres et de chiffres décident de ce…

Habilitation électrique H0 B0 : à qui elle s’adresse et ce qu’elle autorise
Normes et réglementation

Habilitation électrique H0 B0 : à qui elle s’adresse et ce qu’elle autorise

Chaque année en France, environ 200 accidents du travail d'origine électrique sont recensés par la CNAM, dont…

Dans la rubrique Normes et réglementation

Images : Pexels et Pixabay