Dans cet article
- Le schéma disjoncteur différentiel se lit toujours de haut en bas : alimentation côté amont (arrivée réseau), départs circuits côté aval (prises, éclairages, plaques)
- La norme NF C 15-100 impose au minimum 2 interrupteurs différentiels 30 mA dans tout logement, dont au moins un de type A pour les circuits spécialisés
- Un disjoncteur différentiel combine protection magnéto-thermique et détection de fuite de courant, là où un simple interrupteur différentiel ne protège que contre les défauts d’isolement
- Le calibre du différentiel doit être supérieur ou égal au calibre du disjoncteur de branchement : un abonnement 45 A exige un différentiel d’au moins 40 A par rangée
- En triphasé, le schéma d’un disjoncteur différentiel intègre 4 pôles (3 phases + neutre) et la sensibilité reste à 30 mA pour la protection des personnes
- Le coût d’un interrupteur différentiel 30 mA varie entre 25 € (type AC) et 90 € (type A) selon la marque ; un disjoncteur différentiel se situe entre 80 et 250 €
Sommaire
- Comprendre le rôle du disjoncteur différentiel
- Le symbole du disjoncteur différentiel sur les schémas
- Les 3 types de disjoncteurs différentiels (AC, A, B)
- Schéma de câblage en monophasé : étape par étape
- Schéma disjoncteur différentiel triphasé
- Sens de câblage et erreurs fréquentes
- Interrupteur différentiel vs disjoncteur différentiel
- Ce que la norme NF C 15-100 impose vraiment
- Coût du matériel et de la pose
Le schéma disjoncteur différentiel est probablement le document que je dessine le plus souvent sur mes chantiers en Isère. Que ce soit pour une rénovation complète d’un appartement à Grenoble ou pour remettre un vieux tableau aux normes dans le Voironnais, tout commence par ce schéma. Il traduit la façon dont chaque circuit de votre logement est protégé contre les surcharges, les courts-circuits et les fuites de courant. Pourtant, quand je vois certaines installations existantes, je constate que beaucoup de bricoleurs, et même quelques installateurs pressés, confondent les symboles, inversent le sens de câblage ou sous-dimensionnent la protection. Ce guide reprend tout depuis la base : les symboles normalisés, le schéma d’un disjoncteur différentiel en monophasé et en triphasé, le sens de câblage correct et les obligations réelles de la norme NF C 15-100.
Comprendre le rôle du disjoncteur différentiel
Un disjoncteur différentiel remplit deux fonctions simultanées. D’abord, il agit comme un disjoncteur classique : il détecte les surintensités (surcharges et courts-circuits) grâce à un bilame thermique et un électroaimant. Ensuite, il intègre un tore différentiel qui compare en permanence le courant entrant par la phase et le courant sortant par le neutre. Si la différence dépasse sa sensibilité, typiquement 30 mA pour la protection des personnes, il coupe instantanément le circuit.
Pourquoi 30 mA ? Parce que c’est le seuil à partir duquel un courant de fuite traversant le corps humain peut provoquer une fibrillation cardiaque. Ce chiffre n’est pas arbitraire : il est fixé par la norme internationale IEC 61008 et repris dans la réglementation française. Quand je réalise un devis électricien pour une rénovation, la protection différentielle 30 mA est toujours le premier poste que je vérifie, car c’est elle qui sauve des vies.
Concrètement, sur un schéma disjoncteur différentiel 30 mA, vous verrez toujours ce composant positionné en tête de rangée, juste après le disjoncteur de branchement (ou disjoncteur d’abonné). En aval, on raccorde les disjoncteurs divisionnaires qui protègent chaque circuit individuel : prises, éclairages, plaques de cuisson, chauffe-eau, etc.

Le symbole du disjoncteur différentiel sur les schémas
Sur un schéma unifilaire, le disjoncteur différentiel se représente par un rectangle barré d’une diagonale (symbole du disjoncteur) auquel on ajoute un cercle traversé d’un trait sur le côté, qui représente la fonction différentielle. Ce cercle symbolise le tore magnétique qui détecte les fuites de courant. Pour être complet, le symbole disjoncteur différentiel unifilaire porte aussi la mention de la sensibilité (30 mA, 300 mA) et du type (AC, A ou B) à côté.
Il ne faut pas confondre ce symbole avec celui de l’interrupteur différentiel, qui se dessine de façon similaire mais sans la barre diagonale du disjoncteur. L’interrupteur différentiel n’a pas de protection magnéto-thermique intégrée. Sur un plan architectural ou un schéma de tableau, cette différence visuelle est essentielle pour comprendre quel appareil joue quel rôle.
Le symbole disjoncteur différentiel type AC porte parfois la mention « AC » dans un petit encadré, tandis que le type A est identifié par un sinusoïde avec une composante continue (une vague au-dessus d’un trait horizontal). Quand je remets un schéma au client ou au bureau de contrôle, selon les recommandations du Code de la construction et de l’habitation, ces mentions doivent figurer sans ambiguïté.
Les 3 types de disjoncteurs différentiels (AC, A, B)
La question revient à chaque chantier : quels sont les 3 types de disjoncteurs différentiels et lequel choisir ? Voici ce que j’explique systématiquement à mes clients.
| Type | Courants détectés | Usage principal | Prix indicatif (inter. diff. 40 A) |
|---|---|---|---|
| AC | Courants de fuite alternatifs sinusoïdaux | Éclairages, prises standard, chauffe-eau résistif, volets roulants | 25 à 45 € |
| A | Courants alternatifs + composante continue | Plaques induction, lave-linge, borne de recharge IRVE, climatisation inverter | 50 à 90 € |
| B | Alternatifs + continus purs + haute fréquence | Onduleurs photovoltaïques, bornes de recharge DC, variateurs industriels | 150 à 350 € |
La différence entre un disjoncteur différentiel type A et AC est fondamentale. Un type AC ne détecte que les fuites de courant purement sinusoïdales. Or, les appareils à électronique de puissance, comme une plaque à induction ou un système de chauffage électrique avec régulation électronique, génèrent des courants de fuite qui contiennent une composante continue. Un type AC peut ne pas déclencher dans ce cas, ce qui rend la protection inefficace. Le type A, lui, détecte ces courants mixtes.
C’est pour cette raison que la NF C 15-100 exige au minimum un interrupteur différentiel de type A pour protéger les circuits de la cuisine (plaques, lave-linge, sèche-linge) et les circuits spécialisés. Quand j’interviens pour l’installation d’une borne de recharge, je place systématiquement un différentiel de type A, voire de type B si la borne l’exige dans sa notice fabricant.
Le type B reste marginal en résidentiel. On le rencontre surtout dans le tertiaire ou l’industriel, et de plus en plus sur certaines installations photovoltaïques avec onduleur sans transformateur d’isolement. Son prix élevé le réserve aux cas où le fabricant de l’équipement le prescrit explicitement.
Schéma de câblage en monophasé : étape par étape
Voici comment je câble un schéma disjoncteur différentiel monophasé dans un tableau résidentiel classique. Je détaille la séquence parce que l’ordre compte.
1. Disjoncteur de branchement (DB) : c’est le point d’entrée, fourni et plombé par Enedis. Il porte un calibre correspondant à votre abonnement (par exemple, 45 A pour un 9 kVA). La phase et le neutre arrivent en haut du DB.
2. Borniers de répartition : en sortie du DB, je raccorde la phase sur un bornier phase et le neutre sur un bornier neutre. Ces borniers permettent d’alimenter chaque rangée du tableau.
3. Interrupteur ou disjoncteur différentiel en tête de rangée : la phase et le neutre arrivent par le haut (bornes amont marquées « arrivée » ou portant les lettres N et le chiffre 1). Les bornes aval (sorties) se trouvent en bas. C’est le sens de câblage imposé par la quasi-totalité des fabricants (Legrand, Schneider, Hager, ABB).
4. Peignes de répartition : un peigne phase et un peigne neutre relient les bornes aval du différentiel aux bornes amont de chaque disjoncteur divisionnaire de la rangée. C’est plus fiable et plus propre que des fils volants.
5. Disjoncteurs divisionnaires : chaque circuit est protégé par un disjoncteur calibré selon sa section de câble et son usage. Par exemple, 16 A pour des prises en 2,5 mm², 10 A pour de l’éclairage en 1,5 mm², 20 A pour un circuit spécialisé ou 32 A pour une plaque de cuisson en 6 mm².
6. Départs vers les circuits : chaque disjoncteur alimente un circuit précis. Phase en sortie basse du disjoncteur, neutre en sortie basse du peigne neutre, le tout vers la gaine ICTA qui descend dans les murs.
Ce schéma d’un disjoncteur différentiel en monophasé est le standard de 99 % des logements que je rénove en Isère. La clé, c’est de respecter l’arborescence : DB → différentiel → divisionnaires → circuits. Aucun disjoncteur divisionnaire ne doit être raccordé directement au DB sans passer par un différentiel 30 mA.

Schéma disjoncteur différentiel triphasé
Le schéma disjoncteur différentiel triphasé suit la même logique, mais avec 4 conducteurs au lieu de 2 : trois phases (L1, L2, L3) et un neutre (N). On le rencontre surtout dans les maisons anciennes avec chauffage électrique puissant, les exploitations agricoles et les ateliers.
Le différentiel tétrapolaire possède 8 bornes : 4 en amont (3 phases + neutre) et 4 en aval. Le tore entoure les quatre conducteurs et compare la somme vectorielle des courants. Si cette somme dépasse 30 mA, le dispositif coupe les quatre pôles simultanément.
En pratique, quand un client en Nord-Isère me demande de convertir une installation triphasée en monophasée (ce qui est fréquent quand on ne chauffe plus à l’électrique), je dois repenser tout le schéma du tableau. À l’inverse, pour un atelier qui a besoin de triphasé, je prévois un différentiel tétrapolaire de type A en tête, avec des départs monophasés équilibrés sur les trois phases pour le reste du logement. Le tarif horaire de cette intervention est naturellement plus élevé car le câblage triphasé exige davantage de précision et de matériel.
Sens de câblage et erreurs fréquentes
Le sens de câblage d’un différentiel est une question qui revient sans cesse, et c’est normal : une erreur à ce niveau peut rendre la protection inopérante.
Règle fondamentale : l’alimentation arrive toujours par le haut (bornes amont) et les départs partent par le bas (bornes aval). Ce n’est pas qu’une convention esthétique. Les appareils sont conçus et testés dans ce sens. Sur certains modèles, inverser l’alimentation peut fausser le déclenchement du dispositif de test (le petit bouton T sur la face avant) et, dans les cas extrêmes, empêcher la coupure en cas de défaut réel.
Les erreurs que je rencontre le plus souvent sur les chantiers :
- Inversion phase/neutre en amont : le différentiel peut fonctionner mais le bouton test ne déclenche plus, ce qui donne une fausse impression de panne
- Neutre d’une rangée mélangé avec celui d’une autre rangée : c’est la source numéro un des déclenchements intempestifs. Chaque rangée doit avoir son propre neutre issu de son propre différentiel
- Câblage en aval sans peigne : des pontages en fil souple qui se desserrent avec le temps et provoquent des échauffements
- Oubli du serrage au couple : les bornes doivent être serrées au couple préconisé par le fabricant (généralement 2,5 à 3,5 N·m), faute de quoi les connexions se relâchent
Un bon réflexe après toute intervention : appuyer sur le bouton test de chaque différentiel. S’il ne déclenche pas, il y a un problème de câblage. Je recommande aussi de tester ce bouton tous les six mois, comme le préconise la réglementation relative aux installations électriques des bâtiments d’habitation.
Interrupteur différentiel vs disjoncteur différentiel
C’est une confusion classique que j’entends toutes les semaines. Un interrupteur différentiel (ID) ne protège que contre les fuites de courant. Il ne protège pas contre les surcharges ni les courts-circuits. C’est pourquoi il doit toujours être associé à des disjoncteurs divisionnaires en aval.
Un disjoncteur différentiel (DD), lui, combine les deux fonctions : protection magnéto-thermique et protection différentielle. Il est plus cher et plus encombrant (souvent 3 ou 4 modules de large au lieu de 2).
| Critère | Interrupteur différentiel (ID) | Disjoncteur différentiel (DD) |
|---|---|---|
| Protection différentielle (fuites) | Oui | Oui |
| Protection surcharge | Non | Oui |
| Protection court-circuit | Non | Oui |
| Largeur au tableau | 2 modules | 3 à 4 modules |
| Prix moyen (40 A, type A) | 50 à 90 € | 120 à 250 € |
| Usage résidentiel courant | En tête de rangée | Pour circuits sensibles (congélateur, alarme, informatique) |
En résidentiel, la pratique standard est de placer des interrupteurs différentiels en tête de rangée et des disjoncteurs divisionnaires classiques en aval. Le disjoncteur différentiel se justifie pour un circuit qu’on veut isoler individuellement : par exemple un congélateur, pour éviter qu’un défaut sur une prise voisine ne fasse déclencher toute la rangée et perdre le contenu du congélateur. C’est un choix que je recommande souvent quand je fais un devis pour une rénovation de cuisine.

Ce que la norme NF C 15-100 impose vraiment
La norme NF C 15-100 est le texte de référence pour toute installation électrique basse tension en France. Voici les points clés concernant la protection différentielle :
- Tous les circuits d’un logement doivent être protégés par des dispositifs différentiels à haute sensibilité 30 mA
- Le nombre minimum d’interrupteurs différentiels dépend de la surface : 2 pour un logement jusqu’à 100 m², 3 au-delà
- Au moins un différentiel de type A doit protéger les circuits de la cuisine (plaque de cuisson, lave-linge, lave-vaisselle) et le circuit de recharge de véhicule électrique
- Les autres circuits peuvent être protégés par des différentiels de type AC
- Chaque différentiel ne doit pas protéger plus de 8 circuits (recommandation usuelle, bien que la norme ne fixe pas de maximum strict en résidentiel)
- Le calibre du différentiel doit être adapté au disjoncteur de branchement : si le DB est réglé à 45 A, les différentiels doivent être calibrés à 40 A minimum (ou 63 A pour anticiper une augmentation d’abonnement)
Sur les chantiers de rénovation dans le Vercors ou le Sud-Isère, je tombe régulièrement sur des tableaux qui n’ont aucune protection différentielle. Ces installations datent d’avant 1991, année où la haute sensibilité est devenue obligatoire. La mise aux normes est alors indispensable, et le schéma disjoncteur différentiel devient la pièce maîtresse du projet. Pour estimer le budget, consultez mon comparatif des tarifs horaires en électricité.
Coût du matériel et de la pose
Pour vous donner une idée réaliste des budgets, voici les fourchettes que je pratique et constate chez mes confrères en Isère en 2026 :
| Poste | Fourchette basse | Fourchette haute | Remarque |
|---|---|---|---|
| Interrupteur différentiel 30 mA type AC (40 A) | 25 € | 45 € | Marques distributeur (Debflex, Eur’Ohm) |
| Interrupteur différentiel 30 mA type A (40 A) | 50 € | 90 € | Legrand, Schneider, Hager |
| Disjoncteur différentiel 30 mA type A (20 A) | 80 € | 180 € | Protection individuelle d’un circuit |
| Disjoncteur différentiel 30 mA type B (40 A) | 150 € | 350 € | Usage photovoltaïque, IRVE spécifique |
| Remplacement complet d’un tableau (T3, 2 rangées) | 800 € | 1 800 € | Matériel + main-d’œuvre, hors circuits |
| Mise aux normes complète (T3, 70 m²) | 4 500 € | 9 800 € | Tableau + câblage + saignées |
Ces prix incluent la fourniture et la pose. Le coût varie selon la marque choisie, la complexité de l’installation existante et l’accessibilité du tableau. Un appartement ancien à Grenoble avec des murs en pierre demandera plus de travail qu’un pavillon récent dans le Nord-Isère. Pour obtenir un chiffrage précis adapté à votre situation, je recommande de demander plusieurs devis comparatifs.
Une remarque sur le rapport qualité-prix : les interrupteurs différentiels de marques reconnues (Legrand DX³, Schneider Resi9, Hager) coûtent plus cher à l’achat mais offrent une meilleure longévité et un service après-vente réel. Sur vingt ans d’exercice, j’ai remplacé bien plus de différentiels bas de gamme que de modèles de marque. L’économie initiale se transforme souvent en surcoût à moyen terme, surtout quand il faut rappeler un électricien pour un diagnostic de déclenchement intempestif. C’est un point que je détaille aussi dans mon guide sur la consommation électrique d’une maison, où le choix du matériel impacte directement la fiabilité de l’installation.
À retenir
- Câblez toujours l’alimentation par le haut du différentiel (bornes amont) et les départs par le bas (bornes aval) ; inversez et le bouton test devient inopérant
- Placez au minimum un différentiel de type A sur la rangée qui alimente la cuisine, le lave-linge et la borne de recharge ; le type AC suffit pour éclairages et prises courantes
- Vérifiez que le calibre du différentiel est supérieur ou égal à celui du disjoncteur de branchement, sinon il devient le maillon faible du tableau
- Testez le bouton T de chaque différentiel tous les six mois ; s’il ne déclenche pas, faites intervenir un professionnel sans attendre
- Ne mélangez jamais les neutres entre rangées : chaque différentiel doit distribuer son propre neutre à ses disjoncteurs divisionnaires via un peigne dédié
Questions fréquentes
Quel est le symbole d’un disjoncteur différentiel ?
Sur un schéma unifilaire, le disjoncteur différentiel se représente par un rectangle barré d’une diagonale (partie disjoncteur) accompagné d’un cercle traversé d’un trait (partie différentielle). Le cercle symbolise le tore magnétique qui détecte les fuites de courant. À côté du symbole, on indique la sensibilité (30 mA ou 300 mA) et le type (AC, A ou B). Ce symbole est normalisé par la norme CEI 60617 et repris dans tous les logiciels de schéma électrique professionnels.
Quels sont les 3 types de disjoncteurs ?
Les trois types de disjoncteurs différentiels sont le type AC (détecte les courants de fuite alternatifs sinusoïdaux, suffisant pour l’éclairage et les prises), le type A (détecte en plus les courants à composante continue, obligatoire pour plaques induction, lave-linge et bornes IRVE) et le type B (détecte aussi les courants continus purs, utilisé pour les onduleurs photovoltaïques et certaines bornes de recharge à courant continu). En résidentiel, les types AC et A couvrent la quasi-totalité des besoins.
Quel est le sens de câblage d’un différentiel ?
L’alimentation (phase et neutre venant du disjoncteur de branchement ou du bornier de répartition) se raccorde toujours sur les bornes du haut (bornes amont). Les départs vers les disjoncteurs divisionnaires se raccordent sur les bornes du bas (bornes aval). Ce sens est imposé par les fabricants et garanti pour le bon fonctionnement du bouton test. Inverser le câblage peut empêcher le test de déclencher et fausser la détection des défauts dans certaines conditions.
Quelle est la différence entre un disjoncteur différentiel type A et AC ?
Le type AC ne détecte que les courants de fuite purement sinusoïdaux (alternatifs classiques). Le type A détecte en plus les courants de fuite comportant une composante continue pulsée, générés par les appareils à électronique de puissance comme les plaques à induction, les lave-linge à variation de vitesse, les climatisations inverter et les bornes de recharge de véhicule électrique. Le type A coûte environ deux fois plus cher que le type AC mais il est obligatoire sur au moins un circuit selon la NF C 15-100.
Combien de circuits peut-on mettre sous un même différentiel ?
La pratique professionnelle et les guides d’application de la NF C 15-100 recommandent de ne pas dépasser 8 circuits par différentiel. Au-delà, le risque de déclenchement intempestif augmente car les courants de fuite naturels de chaque circuit s’additionnent. Pour un logement de plus de 100 m², il faut au minimum 3 différentiels. Je conseille de répartir les circuits de façon à ce qu’un déclenchement ne plonge jamais tout le logement dans le noir : séparer l’éclairage des prises sur des rangées différentes est une bonne pratique.
Peut-on installer soi-même un disjoncteur différentiel ?
Légalement, un particulier peut intervenir sur son tableau électrique à condition que l’installation reste conforme à la NF C 15-100. En pratique, je le déconseille fortement si vous n’avez pas de formation en électricité. Une erreur de câblage, un serrage insuffisant ou un mauvais choix de calibre peut rendre la protection totalement inefficace sans que rien ne le signale visuellement. De plus, en cas de sinistre, l’assurance peut refuser l’indemnisation si l’installation n’a pas été réalisée par un professionnel qualifié. Faites au minimum vérifier le travail par un organisme de contrôle type Consuel.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.