Volumes de sécurité en salle de bain : ce qu’on peut poser et où

La norme NF C 15-100 découpe l’espace autour d’une baignoire ou d’une douche en trois volumes numérotés de 0 à 2, auxquels s’ajoute un volume dit « hors volume ». Chaque zone fixe les appareils autorisés et la classe de protection minimale requise. Vu du côté de l’installateur, c’est cette carte qui décide de tout : l’emplacement d’une prise, le choix d’un luminaire, le type de câblage.

Trois volumes délimités par la distance à la source d’eau

Le volume 0 correspond à l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche. Seul un appareil alimenté en très basse tension de sécurité (TBTS) 12 V maximum, avec un indice de protection IPX7, peut y être installé. En pratique, cela concerne presque uniquement les jets lumineux intégrés à certaines baignoires balnéo.

Le volume 1 s’étend verticalement au-dessus de la baignoire ou du bac de douche, jusqu’à 2,25 m de hauteur depuis le fond. On y admet les chauffe-eau instantanés et les luminaires de classe III (TBTS 12 V), protégés au minimum IPX4 (IPX5 si le local comporte des jets horizontaux). Les interrupteurs y sont interdits.

Le volume 2 couvre une bande de 60 cm autour du volume 1, toujours jusqu’à 2,25 m de hauteur. Luminaires de classe I ou II en IPX4, appareils de chauffage de classe II, prises alimentant un rasoir via un transformateur de séparation : la liste reste courte, mais elle ouvre déjà davantage de possibilités.

Zone Étendue Protection minimale Appareils autorisés
Volume 0 Intérieur baignoire / receveur IPX7, TBTS 12 V Éclairage encastré TBTS uniquement
Volume 1 Au-dessus du volume 0, jusqu’à 2,25 m IPX4 (IPX5 si jets), TBTS 12 V Chauffe-eau, luminaires classe III
Volume 2 60 cm autour du volume 1, jusqu’à 2,25 m IPX4, classe II min. Luminaires classe I ou II, prise rasoir
Hors volume Au-delà de 60 cm du volume 1 IPX1 Prises 230 V, appareils standards

Prises et interrupteurs : hors volume ou rien

Une prise de courant classique 230 V ne peut être posée qu’en dehors des trois volumes, soit à plus de 60 cm du bord de la baignoire ou du bac de douche, selon les prescriptions détaillées par Promotelec. L’interrupteur obéit à la même règle. Imaginez le plan de la pièce tel qu’il arrive sur le bureau du vérificateur Consuel : chaque prise est cotée, chaque appareil est inscrit dans sa zone. Un spot encastré posé à 2,20 m au-dessus du receveur tombe dans le volume 1 et doit impérativement être en TBTS 12 V. Déplacé à 2,30 m de hauteur et à 70 cm du bord, ce même spot passe hors volume et peut fonctionner en 230 V avec un indice IPX1.

Le circuit salle de bain passe obligatoirement par un différentiel 30 mA

Quel que soit le volume, tout circuit alimentant la salle de bain doit être protégé par un interrupteur différentiel 30 mA de type A ou AC selon la nature du récepteur. Cette exigence figure dans la section 701 de la NF C 15-100. Le choix entre type AC, A ou F dépend de l’appareil raccordé en aval : un sèche-serviettes à régulation électronique, par exemple, impose un différentiel de type A.

Les volumes s’appliquent également lorsqu’un lavabo est installé hors de la salle de bain (une chambre, une buanderie). La source d’eau crée ses propres zones de restriction. Avant tout percement ou tout ajout de circuit, vérifier le plan coté de la pièce reste le geste qui évite la non-conformité lors du passage du contrôle Consuel.

Laurent Vidal
Laurent Vidal

Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. Il intervient sur la rénovation électrique, la mise aux normes et les bornes de recharge, et tient son carnet technique en ligne.

Sources

  1. legifrance.gouv.fr
  2. promotelec.com

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