Le compresseur tourne, le ventilateur souffle, l’écran affiche « marche » ; pourtant les radiateurs ou le plancher chauffant restent tièdes, voire froids. C’est l’un des appels les plus fréquents que je reçois entre novembre et février : ma pompe à chaleur tourne mais ne chauffe pas, et la maison descend lentement en température. Avant de décrocher le téléphone pour un dépannage facturé entre 120 et 350 €, sept causes couvrent plus de 90 % des cas. Certaines se règlent en cinq minutes, d’autres exigent un frigoriste qualifié. Ce guide vous aide à faire le tri.
Dans cet article
- Un manque de fluide frigorigène est la cause n°1 d’une PAC qui tourne sans chauffer, détectable par un écart anormal entre pression HP et BP
- Un simple encrassement du filtre ou de l’échangeur peut faire chuter la puissance restituée de 30 à 50 %
- Le dégivrage bloqué sur l’unité extérieure empêche tout transfert de calories et se repère visuellement en quelques secondes
- Un thermostat mal réglé ou défaillant coupe la demande de chaleur alors que le compresseur continue de tourner à vide
- Sur une PAC air-eau, une vanne trois voies bloquée envoie les calories vers le ballon ECS au lieu du circuit chauffage
- Le coût d’un dépannage PAC en Isère varie entre 120 € (diagnostic simple) et 800 € (recharge fluide + main-d’œuvre)
Sommaire
- Comprendre le fonctionnement normal d’une PAC en 30 secondes
- Cause 1 : manque de fluide frigorigène
- Cause 2 : échangeur ou filtre encrassé
- Cause 3 : cycle de dégivrage bloqué
- Cause 4 : thermostat ou régulation défaillante
- Cause 5 : vanne trois voies bloquée (PAC air-eau)
- Cause 6 : compresseur fatigué ou en sécurité
- Cause 7 : sous-dimensionnement et grand froid
- Tableau de diagnostic rapide
- Quand appeler un professionnel et combien ça coûte
- L’entretien préventif pour éviter la panne
Comprendre le fonctionnement normal d’une PAC en 30 secondes
Une pompe à chaleur capte les calories présentes dans l’air extérieur (ou dans l’eau, selon le modèle) grâce à un fluide frigorigène qui circule en boucle fermée. Ce fluide s’évapore côté extérieur en absorbant la chaleur, puis se comprime pour monter en température avant de céder ses calories au circuit de chauffage intérieur. Le cycle se répète en continu tant que le thermostat demande de la chaleur.
Quand la PAC « tourne mais ne chauffe pas », cela signifie que le compresseur fonctionne (il consomme du courant, il vibre, il fait du bruit) mais que le transfert de calories ne s’effectue plus correctement. Le problème se situe forcément sur l’un des quatre maillons de la chaîne : captage, compression, échange ou distribution. C’est cette logique qui structure les sept causes ci-dessous.
Cause 1 : manque de fluide frigorigène
C’est la cause que je rencontre le plus souvent sur les installations de plus de cinq ans. Le fluide frigorigène (R-410A, R-32 ou R-290 selon la génération) circule dans un circuit censé être hermétique. En pratique, une microfuite au niveau d’un raccord dudgeon, d’une brasure ou d’un passage de cloison suffit à vider lentement le circuit.
Quand le niveau de fluide baisse, la PAC continue de tourner mais la pression d’évaporation chute. Le compresseur aspire un mélange appauvri, la température de condensation diminue, et l’eau du circuit chauffage ne monte plus. Sur certains modèles, un code erreur « basse pression » ou « LP » s’affiche. Sur d’autres, aucune alerte n’apparaît : la machine tourne simplement à vide.
Comment vérifier soi-même
- Touchez le tuyau de refoulement (le plus chaud, en sortie de compresseur) : s’il est à peine tiède au lieu d’être brûlant, le fluide manque.
- Observez le voyant liquide (hublot transparent sur la liaison frigorifique, quand il existe) : des bulles en continu indiquent un manque de charge.
- Relevez l’écart entre la température de départ eau et la température extérieure : si la PAC ne produit qu’un delta de 2 à 3 °C au lieu de 8 à 12 °C, la charge est insuffisante.
Ce qu’il faut faire
La recharge de fluide est une opération réglementée. Seul un technicien titulaire d’une attestation de capacité fluides frigorigènes peut intervenir, conformément à la réglementation sur les fluides frigorigènes (Code de l’environnement). Comptez entre 250 et 800 € selon la quantité de fluide et la complexité de la recherche de fuite. Une simple recharge sans réparation de la fuite ne sert à rien : le problème reviendra dans quelques mois.
Cause 2 : échangeur ou filtre encrassé
L’unité extérieure d’une PAC air-eau ou air-air aspire en permanence de l’air ambiant à travers un échangeur à ailettes. Au fil des mois, cet échangeur se colmate avec des feuilles mortes, du pollen, de la poussière, des toiles d’araignée, voire du duvet de peuplier en Isère au printemps. Le débit d’air chute, le captage de calories diminue, et la PAC ne parvient plus à monter en température.
Côté intérieur, sur les PAC air-eau, le filtre du circuit hydraulique peut aussi se boucher. Des boues de chauffage, de la calamine ou des résidus de flux de brasure obstruent la circulation d’eau. Le résultat est le même : le compresseur tourne, mais la chaleur ne se transfère plus.
Nettoyage de l’échangeur extérieur
C’est l’une des rares opérations que vous pouvez réaliser vous-même :
- Coupez l’alimentation électrique de l’unité extérieure au disjoncteur dédié.
- Retirez les grilles de protection si elles sont démontables.
- Aspirez les débris grossiers avec un aspirateur muni d’une brosse souple.
- Rincez les ailettes au jet d’eau basse pression (pas de Kärcher, qui écrase les ailettes) de l’intérieur vers l’extérieur.
- Laissez sécher, remontez les grilles et remettez sous tension.
Ce nettoyage prend quinze minutes et peut restaurer jusqu’à 30 % de puissance sur une unité très encrassée. Je recommande de le faire deux fois par an : en octobre avant la saison de chauffe et en avril après la pollinisation.
Cause 3 : cycle de dégivrage bloqué
Quand la température extérieure descend sous 5 °C, du givre se forme naturellement sur l’échangeur de l’unité extérieure. Toutes les PAC modernes possèdent un cycle de dégivrage automatique : le système inverse brièvement le cycle pour envoyer du gaz chaud dans l’échangeur extérieur et faire fondre le givre. Ce cycle dure normalement entre 2 et 10 minutes.
Le problème survient quand ce cycle se bloque en boucle (la PAC dégivre en permanence au lieu de chauffer) ou quand il ne se déclenche plus (le givre s’accumule jusqu’à former un bloc de glace compact). Dans les deux cas, la PAC tourne mais ne produit plus de chaleur utile.
Les signes à observer
- Un bloc de glace épais (plus de 2 cm) visible sur les ailettes de l’unité extérieure.
- L’unité extérieure qui alterne sans arrêt entre mode chauffage et mode dégivrage, avec des à-coups audibles toutes les 5 à 10 minutes.
- De l’eau qui coule en continu sous l’unité extérieure alors que le givre ne fond pas.
La cause sous-jacente est souvent une sonde de température défaillante (sonde de dégivrage en court-circuit ou coupée), un manque de fluide (retour au point 1) ou un problème sur la vanne quatre voies d’inversion de cycle. Si le givre ne recouvre qu’une partie de l’échangeur, c’est presque toujours un manque de fluide. Si l’échangeur est uniformément givré, la sonde de dégivrage est la première suspecte.
Cause 4 : thermostat ou régulation défaillante
Ce scénario est plus vicieux car tout semble fonctionner côté PAC. Le compresseur tourne, les pressions sont normales, l’eau monte en température dans l’unité intérieure, mais la chaleur n’arrive pas dans les pièces. Le problème vient alors de la régulation.
Les situations les plus courantes
- Consigne trop basse : après une coupure de courant, certains thermostats reviennent en réglage usine (souvent 16 °C). La PAC atteint cette consigne rapidement et se met en veille alors que vous attendez 20 °C. Vérifiez la consigne affichée sur votre thermostat d’ambiance ou votre régulation déportée.
- Mode été activé : le thermostat est en mode « ECS seule » ou « été ». La PAC ne produit que de l’eau chaude sanitaire et ne lance pas le chauffage. C’est un classique en début de saison de chauffe.
- Sonde d’ambiance déplacée ou en panne : si la sonde de température ambiante est placée près d’un four, d’un téléviseur ou en plein soleil, elle « voit » 22 °C alors que le reste de la maison est à 17 °C. La PAC réduit sa puissance en conséquence.
- Courbe de chauffe mal réglée : sur les PAC avec régulation par loi d’eau, une courbe trop plate limite la température de départ eau. Par grand froid, la PAC envoie de l’eau à 35 °C alors que les radiateurs auraient besoin de 50 °C. Le résultat : la maison ne monte jamais en température. Je vous recommande de vérifier vos réglages en consultant les paramètres affichés sur votre compteur Linky pour estimer votre consommation réelle et repérer un éventuel fonctionnement anormal.
Cause 5 : vanne trois voies bloquée (PAC air-eau)
Sur la plupart des PAC air-eau avec production d’eau chaude sanitaire intégrée, une vanne trois voies motorisée aiguille l’eau chaude soit vers le circuit de chauffage, soit vers le ballon ECS. Quand cette vanne reste bloquée en position « ECS », toutes les calories partent vers le ballon d’eau chaude. Le compresseur tourne, le ballon est brûlant, mais les radiateurs restent froids.
Le blocage survient souvent après l’été : la vanne n’a pas bougé pendant des mois, le calcaire ou les boues l’ont grippée en position. C’est une panne que je rencontre régulièrement en octobre-novembre lors des premières mises en route hivernales.
Comment vérifier
- Passez la PAC en mode chauffage seul (coupez la demande ECS si votre régulation le permet).
- Touchez le tuyau de départ chauffage et le tuyau de départ ECS : si seul le tuyau ECS est chaud, la vanne est probablement bloquée.
- Écoutez le moteur de la vanne : un bourdonnement continu sans mouvement indique un blocage mécanique.
Le remplacement d’une vanne trois voies coûte entre 180 et 400 € pièce et main-d’œuvre comprise. Parfois, un simple déblocage manuel suffit, mais la vanne finira par se rebloquer si le circuit n’est pas désembouée.
Cause 6 : compresseur fatigué ou en sécurité
Le compresseur est le cœur de la PAC. Il peut « tourner » au sens électrique (le moteur est alimenté, vous entendez un ronronnement) sans pour autant comprimer correctement le fluide. Deux situations fréquentes :
- Compresseur en défaut thermique : un klixon interne coupe le compresseur quand il surchauffe, puis le réenclenche une fois refroidi. Le compresseur fonctionne par intermittence, avec des cycles courts de 3 à 5 minutes suivis d’arrêts. La PAC ne chauffe plus efficacement. Ce défaut est souvent lié à un manque de fluide ou à un condenseur encrassé.
- Usure des clapets internes : sur les compresseurs scroll (les plus courants), les spirales s’usent avec le temps. Le compresseur tourne toujours mais son taux de compression chute. La pression haute reste anormalement basse, et la température de condensation ne monte plus suffisamment. Ce défaut apparaît généralement après 10 à 15 ans de fonctionnement.
Le remplacement d’un compresseur coûte entre 1 500 et 3 500 € selon le modèle. Au-delà de 12 ans d’âge, la question d’un remplacement complet de la PAC se pose, car d’autres composants approchent aussi de leur fin de vie. Selon l’ADEME, la durée de vie moyenne d’une PAC bien entretenue se situe entre 15 et 20 ans.
Cause 7 : sous-dimensionnement et grand froid
Cette cause est différente des précédentes : la PAC fonctionne correctement, mais elle n’a tout simplement pas la puissance suffisante pour chauffer la maison quand il fait très froid dehors. C’est un problème de dimensionnement initial, pas une panne.
Une PAC air-eau de 8 kW nominaux à +7 °C extérieur ne délivre souvent que 5 à 6 kW à -5 °C et parfois seulement 3 à 4 kW à -10 °C. Si la maison a besoin de 10 kW pour maintenir 20 °C par -7 °C (situation courante en Isère, notamment dans le Vercors ou le Grésivaudan), la PAC tourne en continu sans jamais rattraper la consigne.
Les indices d’un sous-dimensionnement
- La PAC chauffe correctement jusqu’à 0 ou -2 °C mais décroche en dessous.
- La résistance électrique d’appoint (quand elle existe) se déclenche en permanence, ce qui fait exploser la consommation électrique de la maison.
- Le retour chauffage est tiède mais le départ est déjà au maximum de la courbe de chauffe.
Si votre PAC a été posée sur la base d’un devis « au mètre carré » sans étude thermique réelle (bilan des déperditions par paroi, renouvellement d’air, apports gratuits), le sous-dimensionnement est probable. La solution passe par une amélioration de l’isolation pour réduire les besoins, ou par l’ajout d’un appoint (poêle, résistance électrique sur le ballon tampon).
Tableau de diagnostic rapide
Ce tableau résume les sept causes avec les symptômes associés et le niveau d’intervention requis. Imprimez-le et gardez-le près de votre PAC pour gagner du temps en cas de panne.
| Cause | Symptômes principaux | Vérification possible soi-même | Coût moyen réparation |
|---|---|---|---|
| Manque de fluide | Tuyau de refoulement tiède, delta T faible, code « LP » | Oui (toucher les tuyaux) | 250 à 800 € |
| Échangeur encrassé | Débit d’air réduit, ailettes colmatées, bruit de ventilateur forcé | Oui (nettoyage au jet doux) | 0 € (nettoyage DIY) à 150 € |
| Dégivrage bloqué | Bloc de glace sur l’unité extérieure, cycles courts répétitifs | Oui (observation visuelle) | 150 à 400 € |
| Thermostat défaillant | Consigne basse, mode été, sonde déplacée | Oui (vérifier les réglages) | 0 € (réglage) à 250 € |
| Vanne 3 voies bloquée | ECS brûlante, radiateurs froids, bourdonnement moteur vanne | Oui (toucher les tuyaux) | 180 à 400 € |
| Compresseur défaillant | Cycles courts, vibrations anormales, pression HP basse | Non (manomètres nécessaires) | 1 500 à 3 500 € |
| Sous-dimensionnement | Perte de puissance sous -2 °C, appoint électrique permanent | Oui (observer la température de bascule) | Variable (isolation ou appoint) |
Quand appeler un professionnel et combien ça coûte
Certaines vérifications sont à votre portée : nettoyage de l’échangeur, contrôle du thermostat, observation du givre. Mais dès que le problème touche au circuit frigorifique (fluide, compresseur, vanne quatre voies, pressostat), l’intervention d’un professionnel certifié est obligatoire. Manipuler du fluide frigorigène sans attestation de capacité est interdit et passible d’une amende.
Les tarifs constatés en Isère
| Type d’intervention | Fourchette de prix TTC | Durée moyenne |
|---|---|---|
| Diagnostic simple (déplacement + 1h) | 120 à 180 € | 1 h |
| Recherche de fuite + recharge fluide | 350 à 800 € | 2 à 4 h |
| Remplacement sonde de dégivrage | 150 à 300 € | 1 à 2 h |
| Remplacement vanne trois voies | 180 à 400 € | 1 à 2 h |
| Remplacement carte électronique | 300 à 700 € | 1 à 3 h |
| Remplacement compresseur | 1 500 à 3 500 € | 4 à 8 h |
| Entretien annuel obligatoire | 150 à 250 € | 1 à 2 h |
Ces prix incluent le déplacement dans un rayon de 30 km autour de Grenoble. Pour les secteurs plus éloignés (Vercors, nord-Isère, Oisans), ajoutez 30 à 60 € de frais de déplacement supplémentaires. Avant de signer, vérifiez que le technicien possède bien l’attestation de capacité fluides et, idéalement, une qualification RGE si vous envisagez un remplacement éligible aux aides.
Un conseil tiré de vingt ans de terrain : demandez toujours un devis détaillé avant toute intervention. Un bon devis mentionne la référence exacte des pièces, le temps de main-d’œuvre et le tarif horaire. Fuyez les forfaits « tout compris » sans détail.
L’entretien préventif pour éviter la panne
Depuis le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020, l’entretien des PAC contenant plus de 2 kg de fluide frigorigène est obligatoire tous les deux ans. En pratique, la plupart des installateurs recommandent un contrôle annuel, et c’est aussi mon avis. Un entretien bien fait coûte entre 150 et 250 € et comprend :
- Le contrôle des pressions HP et BP du circuit frigorifique.
- La vérification de l’étanchéité du circuit (détecteur de fuite électronique).
- Le nettoyage de l’échangeur extérieur et du filtre hydraulique.
- Le contrôle du câblage électrique et le serrage des connexions (un bornier desserré peut provoquer un arc électrique, un sujet que je détaille dans mon article sur la section de câble pour tableau secondaire).
- La vérification du bon fonctionnement du cycle de dégivrage.
- La mesure du courant absorbé par le compresseur (un surcourant annonce une usure mécanique).
- Le contrôle de la régulation et de la courbe de chauffe.
Un entretien régulier détecte les problèmes avant qu’ils ne deviennent des pannes. Un manque de fluide de 10 % repéré lors d’un contrôle annuel coûte 250 € à corriger. Le même manque ignoré pendant deux ans vide le circuit, grille le compresseur par manque de lubrification, et la facture passe à 3 000 €.
Ce que vous pouvez faire vous-même entre deux entretiens
- Nettoyer l’échangeur extérieur deux fois par an (voir cause 2).
- Vérifier que rien n’obstrue le flux d’air autour de l’unité extérieure (haie, stockage, feuilles).
- Contrôler que l’évacuation des condensats n’est pas bouchée (risque de gel en hiver).
- Surveiller la programmation heures creuses si votre PAC gère l’ECS en heures creuses : un décalage d’horaire peut perturber le cycle de chauffe.
- Noter la température de départ eau et la température extérieure chaque semaine en hiver. Toute dégradation progressive du delta T est un signal d’alerte précoce.
Pour les maisons équipées d’une climatisation réversible, ces vérifications s’appliquent aussi en mode rafraîchissement. Le circuit frigorifique est le même, seul le sens de circulation change.
La question du contrat d’entretien
Un contrat d’entretien annuel coûte entre 200 et 350 € par an selon qu’il inclut ou non les pièces d’usure. Il présente deux avantages concrets : un tarif d’intervention réduit en cas de panne (souvent -20 à -30 % sur la main-d’œuvre) et une priorité d’intervention en plein hiver, quand les délais d’attente sans contrat peuvent atteindre 5 à 10 jours. Pour une maison tout électrique en Isère où la PAC est le seul mode de chauffage, je considère le contrat d’entretien comme indispensable.
Les propriétaires qui hésitent sur le coût global peuvent comparer avec la logique de coût par cycle que j’applique aux appareils électroménagers : rapporté aux 180 jours de chauffe annuels en Isère, un contrat à 250 € revient à 1,40 € par jour de tranquillité.
À retenir
- Avant d’appeler un dépanneur, vérifiez les trois points gratuits : consigne du thermostat, propreté de l’échangeur extérieur et absence de bloc de glace
- Un tuyau de refoulement tiède au lieu de brûlant signale presque toujours un manque de fluide frigorigène, première cause de PAC qui tourne sans chauffer
- Exigez un devis détaillé mentionnant la référence exacte des pièces et le tarif horaire, pas un forfait opaque
- Faites réaliser l’entretien obligatoire tous les deux ans (recommandé chaque année) pour détecter les problèmes avant la panne
- Si votre PAC décroche systématiquement sous -2 °C, le problème est probablement un sous-dimensionnement, pas une panne : améliorez l’isolation ou ajoutez un appoint
Questions fréquentes
Pourquoi ma pompe à chaleur fonctionne mais ne produit pas de chauffage ?
Les causes les plus fréquentes sont un manque de fluide frigorigène, un échangeur extérieur encrassé, un cycle de dégivrage bloqué ou un thermostat mal réglé. Commencez par vérifier la consigne de température, le mode de fonctionnement (chauffage ou été) et l’état visuel de l’unité extérieure. Si ces trois points sont corrects, faites intervenir un technicien qualifié pour contrôler le circuit frigorifique.
Que faire si ma pompe à chaleur fait du froid au lieu de chauffer ?
Une PAC qui souffle du froid en mode chauffage a probablement un problème de vanne quatre voies (l’élément qui inverse le cycle entre mode chaud et mode froid). Cette vanne peut rester bloquée en position « climatisation ». Vérifiez d’abord que le mode « chauffage » est bien sélectionné sur la télécommande ou le thermostat. Si le réglage est correct et que la PAC souffle toujours du froid, la vanne quatre voies ou sa bobine de commande est défaillante. L’intervention d’un frigoriste est nécessaire, comptez entre 300 et 600 € pour le remplacement.
Pourquoi je n’ai pas d’eau chaude avec ma pompe à chaleur ?
Sur une PAC air-eau avec ballon intégré, l’absence d’eau chaude sanitaire est souvent causée par une vanne trois voies bloquée en position chauffage (l’inverse du cas décrit dans l’article), une résistance d’appoint ECS grillée, ou un thermostat de ballon défaillant. Vérifiez la température affichée sur le ballon : si elle reste à la température de l’eau froide malgré une PAC en fonctionnement, la vanne trois voies ou le circulateur ECS est en cause.
Ma pompe à chaleur ne chauffe plus quand il fait très froid dehors, est-ce normal ?
Partiellement oui. Une PAC air-eau perd entre 30 et 50 % de sa puissance nominale quand la température extérieure passe de +7 °C à -7 °C. Si la PAC a été correctement dimensionnée avec une étude thermique, elle doit cependant maintenir la consigne jusqu’à la température de base de la région (environ -11 °C en plaine iséroise). Si elle décroche avant, c’est un signe de sous-dimensionnement ou de manque de fluide. Faites contrôler la charge frigorifique et envisagez un appoint si le bilan thermique confirme un déficit de puissance.
Combien coûte la réparation d’une pompe à chaleur qui ne chauffe plus ?
Le coût varie considérablement selon la cause. Un simple réglage de thermostat ou un nettoyage d’échangeur peut se résoudre gratuitement. Une recharge de fluide avec recherche de fuite coûte entre 350 et 800 €. Le remplacement d’une vanne trois voies revient à 180 à 400 €. La réparation la plus coûteuse est le remplacement du compresseur, facturé entre 1 500 et 3 500 €. Au-delà de 2 500 € de réparation sur une PAC de plus de 12 ans, il est souvent plus pertinent d’envisager un remplacement complet.
L’entretien de ma pompe à chaleur est-il obligatoire ?
Oui, depuis le décret du 28 juillet 2020, l’entretien des PAC contenant plus de 2 kg de fluide frigorigène est obligatoire tous les deux ans. Cet entretien doit être réalisé par un professionnel disposant de l’attestation de capacité pour la manipulation des fluides frigorigènes. Le coût se situe entre 150 et 250 € par visite. Un contrat d’entretien annuel, facturé entre 200 et 350 €, offre en plus une priorité d’intervention en cas de panne hivernale.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.