Alimenter un tableau secondaire : quelle section de câble selon la distance

Un garage à 25 mètres de la maison, un atelier au fond du jardin, une dépendance transformée en studio : dans chacun de ces cas, la question tombe toujours au même moment du chantier. Quelle section de câble faut-il tirer entre le tableau principal et le tableau électrique secondaire ? La réponse dépend de trois paramètres que je vais détailler ici : la puissance appelée, la longueur du câble et la chute de tension admissible. Se tromper d’un cran, c’est risquer un échauffement du conducteur, un déclenchement intempestif du disjoncteur ou, pire, un départ de feu dans une gaine enterrée inaccessible.

Dans cet article

  • La norme NF C 15-100 impose une chute de tension maximale de 2 % entre le disjoncteur de branchement et le point d’utilisation le plus éloigné
  • Pour un tableau secondaire protégé par un disjoncteur 32 A en monophasé, la section minimale passe de 6 mm² (moins de 15 m) à 16 mm² (au-delà de 28 m)
  • Un câble de type R2V en cuivre reste la référence pour une liaison enterrée entre deux bâtiments ; l’aluminium impose des sections 1,6 fois supérieures
  • Le coût du câble R2V 3G10 mm² se situe entre 4 € et 7 € le mètre linéaire en 2026, hors pose et tranchée
  • Protéger la liaison par un disjoncteur divisionnaire adapté au calibre du câble est obligatoire côté tableau principal
  • Un tableau secondaire pour garage classique revient entre 800 € et 2 200 € pose comprise, câble de liaison inclus

Pourquoi installer un tableau électrique secondaire

Un tableau divisionnaire se justifie dès qu’un local est physiquement séparé du bâtiment principal ou qu’il concentre des circuits spécifiques nécessitant leur propre protection différentielle. Les cas les plus fréquents que je rencontre en Isère sont le garage détaché, l’atelier de bricolage, la piscine (qui impose un tableau dédié selon la norme), le studio indépendant dans une dépendance et, de plus en plus, le local technique pour borne de recharge IRVE.

Installer un tableau secondaire présente plusieurs avantages concrets :

  • Réduire la longueur des circuits terminaux, donc limiter la chute de tension
  • Permettre une coupure locale de sécurité sans revenir au tableau principal
  • Répartir les protections différentielles pour limiter la zone affectée en cas de défaut
  • Faciliter l’extension future de l’installation sans surcharger le tableau principal

L’enjeu critique, c’est la liaison entre les deux tableaux. C’est elle qui dimensionne tout le reste : le calibre du disjoncteur, le type de câble et, bien sûr, la section des conducteurs.

Ce que dit la norme NF C 15-100 sur le tableau divisionnaire

La norme NF C 15-100, référencée dans le Code de la construction, encadre précisément l’installation d’un tableau divisionnaire. Voici les points essentiels :

  • La chute de tension totale entre le disjoncteur de branchement (AGCP) et le point d’utilisation le plus éloigné ne doit pas dépasser 2 % en éclairage et 5 % pour les autres usages (chauffage, prises, moteurs)
  • La liaison entre les deux tableaux doit être protégée en amont par un disjoncteur divisionnaire dont le calibre correspond à la section du câble
  • Le tableau secondaire doit comporter au minimum un interrupteur différentiel 30 mA de type A ou AC selon les circuits alimentés
  • Les conducteurs de phase, neutre et terre doivent être présents dans la liaison (câble 3 conducteurs en monophasé, 5 conducteurs en triphasé)
  • Un dispositif de coupure d’urgence doit être accessible à proximité immédiate du tableau secondaire

La chute de tension est le paramètre qui piège le plus de bricoleurs. Un câble de 6 mm² suffit pour 32 A sur 8 mètres, mais la même section sur 30 mètres provoque une chute de tension de 3,7 %, bien au-delà de la limite. Résultat : des luminaires qui papillotent, des appareils qui se mettent en défaut et, sur le long terme, un échauffement du câble. Pour approfondir la notion de dimensionnement d’un tableau, j’ai rédigé un guide dédié.

Comment calculer la section de câble nécessaire

Le calcul repose sur la formule de chute de tension en courant alternatif monophasé :

ΔU = (2 × ρ × L × I) / S

  • ΔU : chute de tension en volts
  • ρ : résistivité du conducteur (0,0225 Ω·mm²/m pour le cuivre à 20 °C)
  • L : longueur du câble en mètres (aller simple)
  • I : intensité en ampères
  • S : section du conducteur en mm²

Pour une chute de tension maximale de 2 % sur du 230 V, la limite est de 4,6 V. En pratique, je préfère viser 1,5 % (soit 3,45 V) pour garder une marge sur les circuits terminaux qui ajoutent leur propre chute.

Prenons un exemple concret : un tableau secondaire de garage alimenté par un disjoncteur 32 A, situé à 20 mètres du tableau principal.

ΔU = (2 × 0,0225 × 20 × 32) / S

Pour rester sous 4,6 V : S ≥ (2 × 0,0225 × 20 × 32) / 4,6 = 6,26 mm²

La section normalisée immédiatement supérieure est 10 mm². Avec du 6 mm², la chute de tension serait de 4,8 V, donc hors limite. C’est exactement ce genre de cas limite que je rencontre toutes les semaines : le bricoleur qui tire du 6 mm² en pensant que ça passe parce que le disjoncteur est un 32 A, sans vérifier la distance.

Tableau récapitulatif : sections selon distance et intensité

Voici le tableau que j’utilise au quotidien pour dimensionner rapidement une liaison entre deux tableaux. Il prend en compte une chute de tension maximale de 2 % (4,6 V) en monophasé 230 V, câble cuivre :

Calibre disjoncteur Jusqu’à 10 m 10 à 18 m 18 à 28 m 28 à 45 m 45 à 70 m
16 A (3 680 W) 2,5 mm² 2,5 mm² 4 mm² 6 mm² 10 mm²
20 A (4 600 W) 4 mm² 4 mm² 6 mm² 10 mm² 16 mm²
32 A (7 360 W) 6 mm² 6 mm² 10 mm² 16 mm² 25 mm²
40 A (9 200 W) 10 mm² 10 mm² 16 mm² 25 mm² 35 mm²
63 A (14 490 W) 16 mm² 16 mm² 25 mm² 35 mm² 50 mm²

Quelques précisions importantes sur ce tableau :

  • Les valeurs s’appliquent au câble cuivre R2V. Pour de l’aluminium, multipliez la section par 1,6
  • La distance est mesurée en longueur réelle de câble (pas en ligne droite entre les bâtiments)
  • En cas de câble enterré sans fourreau ventilé, appliquez un coefficient de déclassement selon le mode de pose (généralement 0,8 à 0,9)
  • Pour un tableau piscine, la liaison doit être dimensionnée selon les mêmes règles, avec un différentiel 30 mA obligatoire. J’ai détaillé les spécificités dans mon article sur le schéma de tableau électrique piscine

Quel type de câble et quel mode de pose choisir

Le choix du câble dépend du trajet entre les deux tableaux. Voici les configurations que je rencontre le plus :

Liaison dans le même bâtiment

Quand le tableau secondaire est situé dans le même bâtiment (étage, cave, extension attenante), j’utilise du câble R2V posé sous goulotte, dans une gaine ICTA encastrée ou en apparent sur chemin de câbles. Le R2V est un câble rigide à double isolation, parfaitement adapté à ce type de liaison. La section de câble la plus courante pour un tableau de garage attenant est le R2V 3G10 mm² (phase, neutre, terre en 10 mm²).

Liaison entre deux bâtiments séparés

C’est le cas le plus délicat. La recommandation de Promotelec prévoit une tranchée d’au moins 60 cm de profondeur (80 cm sous une voie carrossable). Le câble R2V est posé sur un lit de sable de 10 cm, recouvert de 10 cm de sable, puis protégé par un grillage avertisseur rouge (rouge = électricité) à 20 cm au-dessus du câble.

Quelques règles pour la tranchée :

  • Ne jamais passer un câble électrique dans la même tranchée qu’une canalisation de gaz sans respecter un écartement de 20 cm minimum
  • Prévoir un fourreau TPC (tube de protection des câbles) rouge si le câble traverse une zone carrossable
  • Laisser une surlongueur de 50 cm à chaque extrémité pour faciliter le raccordement
  • Ne jamais faire de jonction enterrée : le câble doit être d’un seul tenant entre les deux tableaux

Liaison aérienne

Rarement recommandée mais parfois inévitable quand la tranchée est impossible (terrain rocheux, passage de propriété). J’utilise alors un câble U1000 R2V avec un câble porteur en acier galvanisé ou un câble autoporté. La hauteur minimale est de 4,50 m au-dessus d’une voie carrossable et 3 m au-dessus d’un terrain privatif non accessible aux véhicules. En vingt ans de métier en Isère, j’ai posé ce type de liaison surtout dans les zones de montagne du Vercors où le terrain ne permet pas toujours de creuser.

Protection côté tableau principal : disjoncteur et différentiel

La liaison vers le tableau secondaire part obligatoirement d’un disjoncteur divisionnaire installé dans le tableau principal. Ce disjoncteur remplit deux fonctions : protéger le câble contre les surintensités et permettre une coupure sélective de la partie secondaire.

Le calibre du disjoncteur doit respecter cette règle fondamentale : le courant assigné du disjoncteur ne doit jamais dépasser le courant admissible du câble. Concrètement :

Section câble cuivre Courant admissible (encastré) Disjoncteur max recommandé
2,5 mm² 21 A 20 A
4 mm² 27 A 25 A
6 mm² 34 A 32 A
10 mm² 46 A 40 A
16 mm² 61 A 63 A
25 mm² 83 A 80 A

Côté tableau secondaire, il faut installer au minimum un interrupteur différentiel 30 mA. Pour un garage ou un atelier, je recommande systématiquement un type A qui détecte les courants de défaut à composante continue, indispensable dès qu’il y a un appareil à variateur, une prise pour véhicule électrique ou un outil à moteur avec variateur de vitesse.

Attention à un piège fréquent : certains bricoleurs alimentent le tableau secondaire depuis un interrupteur différentiel du tableau principal sans ajouter de disjoncteur divisionnaire. C’est une erreur. Le différentiel protège contre les fuites à la terre, pas contre les surintensités. Il faut les deux protections.

Schéma d’alimentation d’un tableau secondaire

Le câblage suit toujours le même principe, que je décris ici étape par étape :

Départ du tableau principal

  1. Le câble R2V part d’un disjoncteur divisionnaire dédié dans le tableau principal
  2. Ce disjoncteur est lui-même placé sous un interrupteur différentiel du tableau principal (ou protégé par le différentiel existant s’il reste de la place)
  3. Le conducteur de terre du câble R2V est raccordé à la barrette de terre du tableau principal

Trajet du câble

  1. Le câble passe en gaine ICTA dans le bâtiment, puis en tranchée (fourreau TPC ou lit de sable + grillage avertisseur) entre les bâtiments
  2. Il remonte dans le local secondaire toujours en gaine ICTA ou en goulotte

Arrivée au tableau secondaire

  1. Le câble arrive sur un bornier de raccordement ou directement sur l’interrupteur différentiel du tableau secondaire
  2. Le tableau secondaire comporte son propre interrupteur différentiel 30 mA en tête
  3. Les circuits terminaux (éclairage, prises, circuits spécialisés) sont ensuite protégés par des disjoncteurs divisionnaires classiques
  4. Le conducteur de terre est raccordé à une barrette de terre locale reliée à un piquet de terre si le bâtiment est séparé

Pour un garage typique avec éclairage, prises et porte motorisée, je prévois généralement un tableau 2 rangées. Si vous ajoutez une borne de recharge, il faut un circuit dédié avec un disjoncteur au calibre adapté et souvent un différentiel type F ou B selon le modèle de borne.

Cas particulier : alimentation en triphasé

En triphasé 400 V, la formule de chute de tension change car la tension est plus élevée et le courant se répartit sur trois phases :

ΔU = (√3 × ρ × L × I) / S

L’avantage du triphasé est considérable pour les longues distances : à puissance égale, le courant par phase est divisé par √3 (environ 1,73), ce qui permet de réduire la section du câble. Par exemple, pour transporter 9 kW sur 40 mètres :

  • En monophasé : 9 000 / 230 = 39 A, nécessitant du 16 mm² minimum
  • En triphasé : 9 000 / (400 × √3) = 13 A par phase, un câble de 4 mm² peut suffire

Le câble utilisé est alors un R2V 5G (3 phases + neutre + terre). Côté protection, il faut un disjoncteur tétrapolaire et un différentiel tétrapolaire 30 mA au tableau secondaire. Cette configuration est fréquente pour les ateliers professionnels, les grandes maisons avec une consommation élevée ou les installations avec des machines-outils triphasées.

Un point d’attention : en triphasé, le déséquilibre de phases peut poser problème si tous les circuits monophasés du tableau secondaire sont raccordés sur la même phase. Il faut répartir les départs de façon équilibrée.

Les erreurs que je vois le plus souvent sur le terrain

Après plus de vingt ans d’interventions en Isère, certaines erreurs reviennent systématiquement quand un particulier installe un tableau secondaire sans accompagnement :

Erreur n°1 : sous-dimensionner la section

C’est la plus courante. Le bricoleur raisonne uniquement sur l’intensité du disjoncteur sans prendre en compte la distance. Un câble de 6 mm² protégé par un 32 A est parfait sur 10 mètres, mais provoque une chute de tension inacceptable sur 30 mètres. Toujours vérifier avec le calcul ou le tableau ci-dessus.

Erreur n°2 : oublier la terre

Certains tirent un câble 2 conducteurs (phase + neutre) en oubliant le conducteur de protection. Sans terre, le différentiel ne peut pas fonctionner correctement et la protection des personnes n’est pas assurée. Utilisez systématiquement un câble 3G (ou 5G en triphasé).

Erreur n°3 : faire une jonction enterrée

Quand le câble disponible est trop court, la tentation est grande de faire un raccord dans la tranchée. C’est interdit par la norme. Un raccord enterré finit toujours par prendre l’humidité, oxyder et créer un point chaud. Le câble doit être d’un seul tenant. Si la distance est trop longue pour un touret standard, commandez la longueur exacte.

Erreur n°4 : pas de disjoncteur dédié au tableau principal

Raccorder le câble du tableau secondaire sur un bornier ou un domino plutôt que sur un disjoncteur divisionnaire dédié est dangereux. En cas de court-circuit dans la liaison, rien ne protège le câble côté amont.

Erreur n°5 : négliger la profondeur de tranchée

Un câble enterré à 30 cm au lieu de 60 cm sera peut-être sectionné par un coup de bêche lors de futurs travaux de jardinage. La profondeur réglementaire et le grillage avertisseur ne sont pas optionnels.

Coût réel d’une installation complète

Les prix que je pratique et que je constate chez mes confrères en Isère en 2026. Ces tarifs incluent la fourniture et la pose, hors tranchée (comptez 15 à 30 € le mètre linéaire pour le terrassement selon le terrain) :

Poste Fourchette basse Fourchette haute
Câble R2V 3G6 mm² (au mètre) 2,50 € 4 €
Câble R2V 3G10 mm² (au mètre) 4 € 7 €
Câble R2V 3G16 mm² (au mètre) 7 € 11 €
Câble R2V 3G25 mm² (au mètre) 11 € 17 €
Tableau secondaire 2 rangées équipé 250 € 550 €
Disjoncteur divisionnaire (départ) 25 € 60 €
Interrupteur différentiel 30 mA type A 45 € 110 €
Main-d’œuvre pose complète (hors tranchée) 350 € 800 €
Total installation garage (20 m de câble) 800 € 2 200 €

Le poste le plus variable est le terrassement. En plaine du Grésivaudan, une tranchée de 20 mètres dans un terrain meuble coûte autour de 400 €. Dans le Vercors, sur un terrain rocheux, ça peut monter à 1 200 € ou plus. Pensez à comparer avec le devis global : j’ai détaillé la méthodologie dans mon article sur le devis de remplacement de tableau électrique.

Pour bien identifier chaque circuit une fois le tableau installé, je recommande d’utiliser des étiquettes de tableau électrique claires et résistantes. C’est un détail qui facilite énormément la vie au quotidien et lors des interventions futures.

À retenir

  • Calculez toujours la section en fonction de la longueur réelle du câble, pas de la distance en ligne droite entre les deux tableaux
  • Visez une chute de tension de 1,5 % maximum sur la liaison pour garder de la marge sur les circuits terminaux
  • Exigez un câble R2V cuivre d’un seul tenant, sans aucune jonction enterrée, posé sur lit de sable à 60 cm de profondeur minimum
  • Protégez la liaison par un disjoncteur divisionnaire dédié au tableau principal, calibré selon la section du câble et non selon la puissance souhaitée
  • Faites vérifier l’installation par un professionnel certifié : un devis détaillé doit préciser la section du câble, le calibre du disjoncteur et le type de différentiel

Questions fréquentes


Quelle section de câble entre le disjoncteur et le tableau électrique secondaire ?

La section dépend du calibre du disjoncteur et de la longueur du câble. Pour un disjoncteur 32 A en monophasé : 6 mm² jusqu’à 15 mètres, 10 mm² de 15 à 28 mètres et 16 mm² au-delà de 28 mètres. L’objectif est de maintenir la chute de tension sous 2 % (4,6 V sur 230 V). Un surdimensionnement d’un cran est toujours préférable à un sous-dimensionnement.

Comment alimenter un tableau électrique secondaire depuis le tableau principal ?

La liaison part d’un disjoncteur divisionnaire dédié installé dans le tableau principal, sous un interrupteur différentiel existant. Le câble R2V 3G (phase, neutre, terre) rejoint le tableau secondaire en passant par une gaine ICTA dans le bâtiment ou par une tranchée de 60 cm minimum entre deux bâtiments. Au tableau secondaire, le câble arrive sur un interrupteur différentiel 30 mA qui protège l’ensemble des circuits locaux.

Quelle est la norme pour l’installation d’un tableau électrique secondaire ?

La norme NF C 15-100 impose une chute de tension maximale de 2 % en éclairage et 5 % pour les autres usages. Le tableau secondaire doit comporter au moins un interrupteur différentiel 30 mA, chaque circuit doit être protégé par un disjoncteur adapté, et la liaison doit être réalisée en câble R2V avec conducteur de terre. Le câble enterré doit respecter une profondeur de 60 cm avec grillage avertisseur rouge.

Quel disjoncteur pour alimenter un tableau secondaire de garage ?

Pour un garage classique (éclairage, prises, porte motorisée), un disjoncteur 32 A avec un câble de 6 à 16 mm² selon la distance suffit dans la plupart des cas. Si vous prévoyez une borne de recharge pour véhicule électrique, passez à un disjoncteur 40 A avec du câble de 10 mm² minimum. Le calibre du disjoncteur ne doit jamais dépasser le courant admissible du câble utilisé.

Peut-on utiliser du câble aluminium pour alimenter un tableau divisionnaire ?

Oui, la norme l’autorise, mais l’aluminium a une résistivité supérieure au cuivre. Il faut donc utiliser une section 1,6 fois plus grande qu’en cuivre pour obtenir les mêmes performances. Par exemple, là où du cuivre 10 mm² suffit, il faut de l’aluminium 16 mm². De plus, les raccordements aluminium nécessitent des connecteurs spécifiques anti-corrosion. En rénovation résidentielle, le cuivre reste mon choix systématique pour sa fiabilité et sa facilité de mise en œuvre.

Faut-il un piquet de terre au tableau secondaire ?

Si le tableau secondaire est situé dans un bâtiment séparé, la norme recommande une prise de terre locale reliée au conducteur de protection de la liaison. En pratique, le conducteur de terre du câble R2V assure déjà la continuité avec la terre du tableau principal. Mais un piquet de terre local améliore la sécurité, notamment en cas de coupure du conducteur de terre dans la tranchée. C’est une mesure que je recommande systématiquement pour les dépendances éloignées de plus de 20 mètres.


Laurent Vidal
Laurent Vidal

Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.