Dans cet article
- La norme NF C 15-100 découpe la salle de bain en 4 volumes (0, 1, 2 et hors volume) qui déterminent précisément quels appareillages et circuits sont autorisés à chaque emplacement
- Le volume 0 (intérieur de la baignoire ou du receveur) n’accepte aucun appareil au-delà de 12 V TBTS, une règle enfreinte dans plus de 30 % des salles de bain que j’inspecte en Isère
- Un luminaire en volume 1 doit être alimenté en TBTS 12 V et classé IPX4 minimum ; en volume 2, un appareil de classe II avec protection IPX4 suffit
- La distance de 60 cm autour de la baignoire ou du bac de douche constitue la frontière entre le volume 2 et le hors volume, zone où la plupart des prises et interrupteurs peuvent être installés
- Une mise en conformité des volumes salle de bain coûte entre 800 et 2 500 € selon le nombre d’appareils à déplacer, les saignées nécessaires et la configuration de la pièce
- Le disjoncteur différentiel 30 mA de type A ou AC est obligatoire sur chaque circuit alimentant la salle de bain, sans exception
Sommaire
- Pourquoi la norme découpe la salle de bain en volumes
- Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche
- Volume 1 : au-dessus de la baignoire ou du bac de douche
- Volume 2 : la zone de 60 cm autour du point d’eau
- Hors volume : la zone « libre » de la salle de bain
- Tableau récapitulatif : appareils autorisés par volume
- Les erreurs que je trouve le plus souvent sur le terrain
- Cas particuliers : douche à l’italienne, baignoire îlot, sèche-serviettes
- Mise en conformité : coût et étapes concrètes
- Questions fréquentes
Pourquoi la norme découpe la salle de bain en volumes
L’eau et l’électricité ne font pas bon ménage : c’est une évidence que tout le monde connaît, mais quand j’interviens dans des salles de bain en Isère, je constate que les règles précises sont rarement respectées. En 23 ans de métier, j’ai vu des prises installées à 20 cm d’une baignoire, des spots encastrés sans aucune protection dans un faux plafond de douche, des radiateurs sèche-serviettes branchés au mauvais endroit. À chaque fois, le risque est le même : l’électrocution.
La norme NF C 15-100 répond à ce danger en définissant des zones concentriques autour des points d’eau. Plus on se rapproche de l’eau, plus les contraintes sont sévères. Ce découpage en volumes s’applique à toute salle de bain, salle d’eau ou pièce contenant une baignoire ou une douche, que ce soit dans un appartement à Grenoble, une maison du Voironnais ou un chalet du Vercors.
Le principe est simple : chaque volume définit quels appareillages électriques sont autorisés, quel indice de protection IP est requis et quel type d’alimentation (TBTS, classe II, etc.) est accepté. Comprendre ces quatre volumes, c’est comprendre 80 % des règles électriques de la salle de bain. C’est aussi la base que je vérifie en premier lors d’un diagnostic de conformité NF C 15-100.
Un point essentiel : ces volumes sont définis en trois dimensions. On raisonne en distance horizontale par rapport au bord de la baignoire ou du receveur, mais aussi en hauteur. Le volume 1, par exemple, monte à 2,25 m au-dessus du fond de la baignoire. Au-delà de cette hauteur, on passe en volume 2 ou hors volume selon la distance horizontale. Cette notion de volume en 3D est souvent mal comprise, y compris par certains installateurs.

Volume 0 : l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche
Le volume 0 correspond à l’intérieur même de la baignoire, du bac de douche ou du receveur. C’est la zone où l’eau est présente en permanence pendant l’utilisation. C’est le volume le plus restrictif de la norme.
Ce qui est autorisé dans le volume 0 :
- Uniquement des appareils alimentés en TBTS (Très Basse Tension de Sécurité) de 12 V maximum
- Le transformateur de sécurité doit être installé hors des volumes 0, 1 et 2
- L’indice de protection minimal est IPX7 (protection contre l’immersion temporaire)
En pratique, je n’installe quasiment jamais rien dans le volume 0. Les seuls équipements que l’on peut y trouver sont des jets de balnéothérapie intégrés à la baignoire, alimentés en 12 V avec un transformateur de sécurité placé hors volume. Même les bouchons lumineux de baignoire LED doivent respecter cette règle des 12 V TBTS.
Quand je réalise une rénovation électrique complète dans un logement ancien, la première chose que je vérifie est qu’aucun câble 230 V ne traverse ce volume. Dans les immeubles des années 1960-1970 à Grenoble, il m’arrive encore de trouver des fils sous gaine apparente qui passent directement au-dessus de la baignoire : c’est une non-conformité grave qu’il faut corriger immédiatement.
Volume 1 : au-dessus de la baignoire ou du bac de douche
Le volume 1 est la zone située directement au-dessus de la baignoire ou du receveur de douche, jusqu’à une hauteur de 2,25 m mesurée depuis le fond du bac. Pour une douche sans receveur (douche à l’italienne), cette hauteur se mesure depuis le sol fini.
Les dimensions exactes du volume 1 :
- Limite horizontale : le volume 1 correspond à la projection verticale du bord de la baignoire ou du receveur
- Limite haute : 2,25 m au-dessus du fond de la baignoire ou du receveur
- Pour une douche avec une pomme de tête fixée au plafond, le volume 1 s’étend dans un rayon de 1,20 m autour du point de fixation de la pomme
Ce qui est autorisé dans le volume 1 :
- Les appareils alimentés en TBTS 12 V (transformateur hors volumes 0 et 1)
- Les chauffe-eau à accumulation horizontaux, à condition d’être installés le plus haut possible et protégés par un différentiel 30 mA
- Les luminaires de classe III (TBTS) avec un indice IPX4 minimum (protection contre les projections d’eau)
- Interdit : prises, interrupteurs, boîtes de connexion, appareils en 230 V
Le cas du chauffe-eau en volume 1 surprend souvent mes clients. La norme l’autorise parce que dans beaucoup de petites salles de bain, il n’y a pas d’autre emplacement possible. Mais attention : seuls les modèles à accumulation (pas les instantanés) sont acceptés, et le raccordement doit être réalisé avec des conducteurs de section adaptée, protégés par un disjoncteur dédié et un différentiel 30 mA au tableau électrique.
Un piège classique que je rencontre : les spots encastrés dans un faux plafond au-dessus de la baignoire. Même si le faux plafond semble « sec », la zone reste en volume 1. Ces spots doivent être en 12 V TBTS avec transformateur déporté hors volume, et classés IPX4. Les spots LED 230 V standard, même étanches, ne sont pas conformes en volume 1.
Volume 2 : la zone de 60 cm autour du point d’eau
Le volume 2 est une bande de 60 cm de large mesurée horizontalement depuis le bord extérieur de la baignoire ou du receveur de douche. En hauteur, il s’étend de 0 à 3 m depuis le sol (et non depuis le fond de la baignoire, contrairement au volume 1).
Ce qui est autorisé dans le volume 2 :
- Les appareils de classe II (double isolation) alimentés en 230 V
- Les luminaires de classe II avec indice IPX4
- Les appareils de chauffage de classe II (radiateurs sèche-serviettes, convecteurs) avec indice IPX4
- Les prises rasoir alimentées par un transformateur de séparation (puissance limitée à 50 VA)
- Interdit : prises de courant classiques, interrupteurs, boîtes de dérivation
C’est dans le volume 2 que je vois le plus d’erreurs lors de mes interventions. Le cas le plus fréquent : un interrupteur installé à 50 cm de la baignoire, juste à côté de la porte. Techniquement, il est en volume 2 et n’a pas le droit d’être là. La solution : le déplacer à 61 cm minimum du bord de la baignoire, c’est-à-dire en hors volume.
Le sèche-serviettes est un autre point sensible. En volume 2, il doit être de classe II (symbole du double carré sur l’étiquette), protégé par un disjoncteur dédié et un différentiel 30 mA. Je recommande toujours de vérifier la classe de l’appareil avant l’achat, car certains modèles de grande surface sont en classe I (avec mise à la terre) et ne conviennent pas au volume 2.

Une subtilité importante : si la salle de bain est équipée d’une paroi de douche fixe en verre qui forme une cloison permanente d’au moins 1,80 m de hauteur, cette paroi peut servir de limite de volume. Dans ce cas, le volume 2 démarre depuis le bord de la paroi et non depuis le bord du receveur. Cette disposition est particulièrement utile dans les petites salles d’eau où chaque centimètre compte.
Hors volume : la zone « libre » de la salle de bain
Le hors volume (parfois appelé « volume 3 » dans les anciennes versions de la norme) est la zone située au-delà de 60 cm du bord de la baignoire ou du receveur. C’est la zone où l’on retrouve la plus grande liberté d’installation, mais ce n’est pas pour autant une zone sans règles.
Ce qui est autorisé en hors volume :
- Les prises de courant classiques (2P+T), protégées par un différentiel 30 mA
- Les interrupteurs
- Les appareils électroménagers (machine à laver, sèche-linge)
- Tous types de luminaires (avec protection IPX1 minimum recommandé en salle de bain)
- Les boîtes de dérivation, à condition qu’elles soient accessibles
Le hors volume reste une pièce d’eau. Toute la salle de bain, y compris le hors volume, doit être alimentée par des circuits protégés par un dispositif différentiel résiduel (DDR) de 30 mA. C’est une obligation absolue de la NF C 15-100. J’en profite pour rappeler que la prise qui chauffe est un signal d’alerte encore plus critique en salle de bain qu’ailleurs.
Règles spécifiques au hors volume :
- Les prises doivent être installées à une hauteur minimale de 5 cm au-dessus du sol fini
- Il faut au minimum une prise à côté de la vasque (pour le sèche-cheveux, le rasoir électrique, etc.)
- Cette prise de vasque doit être à plus de 60 cm du bord de la baignoire ou du receveur ET à plus de 10 cm du point d’eau du lavabo
- La liaison équipotentielle locale (LEL) doit relier toutes les masses métalliques de la salle de bain : canalisations d’eau, huisseries métalliques, corps de la baignoire métallique, armature du plancher chauffant
La liaison équipotentielle locale est un élément que beaucoup de particuliers ignorent. C’est pourtant un filet de sécurité essentiel : en reliant tous les éléments conducteurs au conducteur de protection, elle empêche qu’une différence de potentiel dangereuse n’apparaisse entre, par exemple, un robinet et un radiateur. Je vérifie systématiquement sa présence et sa continuité lors de chaque intervention en salle de bain.
Tableau récapitulatif : appareils autorisés par volume
Voici le tableau que j’utilise sur mes chantiers pour vérifier rapidement la conformité de chaque installation. Je le partage avec mes clients pour qu’ils comprennent en un coup d’œil ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.
| Critère | Volume 0 | Volume 1 | Volume 2 | Hors volume |
|---|---|---|---|---|
| Localisation | Intérieur baignoire/receveur | Au-dessus baignoire/receveur, jusqu’à 2,25 m | 60 cm autour du bord, jusqu’à 3 m de hauteur | Au-delà de 60 cm |
| Tension max. | 12 V TBTS | 12 V TBTS (sauf chauffe-eau) | 230 V classe II | 230 V toutes classes |
| Indice IP min. | IPX7 | IPX4 | IPX4 | IPX1 recommandé |
| Prises 2P+T | Interdites | Interdites | Interdites (sauf rasoir 50 VA) | Autorisées (DDR 30 mA) |
| Interrupteurs | Interdits | Interdits | Interdits | Autorisés |
| Luminaires | TBTS 12 V IPX7 | TBTS 12 V IPX4 | Classe II IPX4 | Toutes classes, IPX1 recommandé |
| Chauffage | Interdit | Interdit | Classe II IPX4 | Toutes classes (DDR 30 mA) |
| Chauffe-eau | Interdit | Accumulation horizontal (sous conditions) | Accumulation (sous conditions) | Tous types |
| Boîtes de connexion | Interdites | Interdites | Interdites | Autorisées |
Ce tableau est un résumé. Pour chaque situation, je recommande de vérifier le texte complet de la norme NF C 15-100, partie 7-701. Mais en pratique, ces règles couvrent 95 % des cas que je rencontre sur les chantiers en Isère.
Les erreurs que je trouve le plus souvent sur le terrain
Après plus de 20 ans d’interventions dans le département 38, j’ai identifié des erreurs récurrentes. Certaines sont héritées d’anciennes installations ; d’autres sont le fait de bricoleurs bien intentionnés mais mal informés. Voici les situations que je corrige le plus souvent.
La prise installée trop près de la baignoire
C’est le grand classique. Une prise de courant posée à 40 ou 50 cm du bord de la baignoire, souvent pour brancher un sèche-cheveux ou une radio. Elle est en volume 2 : c’est interdit. Je la retrouve dans environ 4 logements sur 10 construits avant 2000. La correction est simple : condamner la prise existante et en installer une nouvelle à plus de 60 cm, en tirant un nouveau câble depuis le tableau électrique.
Le spot 230 V au plafond de la douche
Beaucoup de propriétaires installent des spots encastrés GU10 en 230 V dans un faux plafond au-dessus de la douche. Même avec un spot IP44, c’est non conforme en volume 1. Il faut des spots 12 V TBTS avec un transformateur de sécurité installé hors volume. Le surcoût est modeste (environ 40 à 60 € par spot en fourniture), mais la sécurité est incomparable.
Le sèche-serviettes mal classé
Un sèche-serviettes de classe I (nécessitant une mise à la terre) installé en volume 2 est non conforme. Seuls les appareils de classe II sont autorisés dans cette zone. L’erreur vient souvent d’un achat en grande surface sans vérification de la classe de l’appareil. La solution : soit déplacer le sèche-serviettes en hors volume, soit le remplacer par un modèle de classe II.
L’interrupteur dans le volume 2
Dans les petites salles de bain, l’interrupteur se retrouve souvent à moins de 60 cm de la baignoire. C’est interdit en volume 2. Les alternatives : un interrupteur à tirette intégré au luminaire (autorisé s’il fait partie de l’appareil de classe II), un détecteur de mouvement hors volume, ou simplement un repositionnement de l’interrupteur. C’est l’une des non-conformités fréquentes que je détaille dans mon guide complet.
L’absence de liaison équipotentielle locale
La LEL est obligatoire dans toute salle de bain. Pourtant, dans les logements anciens, elle est absente dans plus de 60 % des cas. Sa mise en place nécessite de relier entre eux tous les éléments conducteurs (canalisations, huisseries, corps métalliques) avec un conducteur de 2,5 mm² minimum, ramené à la borne de terre de la salle de bain.

Cas particuliers : douche à l’italienne, baignoire îlot, sèche-serviettes
La douche à l’italienne (douche de plain-pied)
La douche à l’italienne, sans receveur surélevé, est devenue la norme dans les rénovations en Isère. Pour les volumes, la règle est la suivante :
- Le volume 0 correspond à la zone d’écoulement de l’eau au sol
- Le volume 1 s’étend sur 1,20 m de rayon autour du point de fixation de la pomme de douche
- Si une paroi fixe est présente et mesure au moins 1,80 m de haut, le volume 1 est limité par cette paroi
- Sans paroi fixe, le volume 1 s’étend dans toutes les directions sur 1,20 m
Cette configuration est plus contraignante qu’une douche classique avec receveur, car le volume 1 est plus étendu. Dans les petites salles d’eau, cela peut signifier que la quasi-totalité de la pièce est en volume 1 ou 2. C’est pourquoi je recommande systématiquement de prévoir une paroi fixe d’au moins 1,80 m lors de la conception d’une douche italienne : elle réduit considérablement l’emprise des volumes.
La baignoire îlot
La baignoire posée au centre de la pièce génère des volumes dans toutes les directions. Le volume 1 monte à 2,25 m tout autour, et le volume 2 s’étend à 60 cm dans toutes les directions. Dans une salle de bain de taille standard, cela laisse très peu de hors volume. L’installation électrique doit être pensée en amont, idéalement sur plan, pour positionner les prises et les interrupteurs aux rares emplacements conformes.
Le sèche-serviettes : les bonnes pratiques
Le sèche-serviettes est l’appareil qui pose le plus de questions à mes clients. Voici mes recommandations :
- En volume 2 : uniquement un appareil de classe II, IPX4, raccordé via une sortie de câble (pas de prise)
- En hors volume : toutes les classes sont acceptées, avec prise ou sortie de câble, DDR 30 mA obligatoire
- Le circuit doit être dédié (disjoncteur 10 ou 16 A selon la puissance)
- Ne jamais raccorder un sèche-serviettes sur un circuit prises existant
Si vous envisagez d’ajouter un sèche-serviettes à eau chaude (mixte ou hydraulique), les contraintes électriques ne concernent que la partie résistance d’appoint. Mais la liaison équipotentielle doit quand même être raccordée aux canalisations d’eau.
Mise en conformité : coût et étapes concrètes
Quand je diagnostique une salle de bain non conforme, voici comment je procède. Je partage cette méthode pour que vous sachiez exactement ce qui vous attend.
Étape 1 : le diagnostic (30 à 60 minutes)
Je cartographie les volumes en prenant les mesures exactes depuis le bord de la baignoire ou du receveur. Je repère chaque appareillage (prises, interrupteurs, luminaires, chauffage) et je vérifie son positionnement par rapport aux volumes. Je contrôle également le tableau électrique : présence du différentiel 30 mA, calibre des disjoncteurs, section des conducteurs. Je teste la continuité de la liaison équipotentielle avec un ohmmètre.
Étape 2 : le devis détaillé
Je fournis un devis ligne par ligne qui précise chaque modification. Voici les fourchettes de prix que je pratique en 2026 :
| Intervention | Fourchette de prix TTC | Durée estimée |
|---|---|---|
| Déplacement d’une prise (hors volume 2 vers hors volume) | 180 à 350 € | 1 à 2 h |
| Remplacement de spots 230 V par spots 12 V TBTS (lot de 3) | 250 à 450 € | 2 à 3 h |
| Création de la liaison équipotentielle locale | 200 à 400 € | 1 à 3 h |
| Ajout d’un différentiel 30 mA au tableau | 150 à 280 € | 1 h |
| Mise en conformité complète (salle de bain standard) | 800 à 2 500 € | 1 à 2 jours |
| Remplacement sèche-serviettes classe I par classe II | 400 à 900 € | 2 à 4 h |
| Déplacement d’un interrupteur avec reprise d’encastrement | 150 à 300 € | 1 à 2 h |
Ces prix incluent la fourniture et la pose. Ils varient selon l’accessibilité (un appartement au 5e étage sans ascenseur à Grenoble coûte plus cher qu’un plain-pied), le type de cloison (placo, brique, béton) et la nécessité de saignées pour passer les nouveaux câbles. Pour une rénovation plus large, consultez mon guide sur la rénovation électrique en Isère.
Étape 3 : les travaux
L’intervention se fait hors eau : je coupe l’alimentation au tableau, je vérifie l’absence de tension avec un VAT, puis je procède aux modifications. Les saignées dans les cloisons sont rebouchées à l’enduit. Si des carrelages doivent être déposés, je préviens toujours le client en amont : c’est un surcoût et un désagrément qu’il vaut mieux anticiper.
Étape 4 : la vérification finale
Après travaux, je réalise un contrôle complet : test du différentiel 30 mA avec un testeur calibré, mesure de la résistance de la LEL (inférieure à 2 ohms), vérification de l’isolement des circuits, test fonctionnel de chaque appareil. Je remets au client un schéma à jour de l’installation de la salle de bain avec la position des volumes.
Si vous prévoyez une rénovation de salle de bain incluant la domotique, pensez à intégrer les contraintes de volumes dès la conception. Les modules connectés (éclairage, ventilation) doivent aussi respecter les règles de positionnement.
Pour les propriétaires de véhicules électriques qui envisagent des travaux globaux, c’est souvent le bon moment pour faire vérifier l’ensemble du tableau électrique et prévoir l’alimentation d’une borne de recharge en parallèle.
Enfin, si vous cherchez à réduire votre consommation électrique, la mise en conformité de la salle de bain est l’occasion de remplacer les anciens convecteurs par des sèche-serviettes programmables plus économes.
À retenir
- Mesurez toujours les distances depuis le bord extérieur de la baignoire ou du receveur, jamais depuis le mur ou le robinet
- En volume 1 (au-dessus de la baignoire), seul le 12 V TBTS est autorisé pour les luminaires ; les spots 230 V même étanches sont interdits
- Vérifiez la classe II (double carré) de votre sèche-serviettes avant de l’installer en volume 2 ; un appareil de classe I y est interdit
- La liaison équipotentielle locale est obligatoire : elle relie toutes les masses métalliques de la salle de bain au conducteur de protection
- Tout circuit alimentant la salle de bain doit être protégé par un différentiel 30 mA, y compris en hors volume
Questions fréquentes
Peut-on installer une prise de courant dans le volume 2 de la salle de bain ?
Non, les prises de courant classiques 2P+T sont interdites en volume 2. La seule exception concerne les prises rasoir alimentées par un transformateur de séparation de 50 VA maximum. Pour brancher un sèche-cheveux ou un appareil classique, la prise doit être placée en hors volume, c’est-à-dire à plus de 60 cm du bord de la baignoire ou du receveur.
Comment sont définis les volumes pour une douche à l’italienne sans receveur ?
Pour une douche de plain-pied, le volume 1 s’étend dans un rayon de 1,20 m autour du point de fixation de la pomme de douche, du sol jusqu’à 2,25 m de hauteur. Si une paroi fixe d’au moins 1,80 m de haut est présente, elle sert de limite au volume 1. Sans paroi, le volume 1 couvre un cercle beaucoup plus large, ce qui réduit fortement l’espace disponible pour les appareillages en 230 V.
Le sèche-serviettes doit-il être sur un circuit dédié ?
Oui, le sèche-serviettes doit être raccordé sur un circuit dédié, protégé par un disjoncteur de 10 ou 16 A selon sa puissance et par un différentiel 30 mA. Il ne doit jamais être branché sur un circuit prises existant. En volume 2, le raccordement se fait obligatoirement via une sortie de câble, pas via une prise murale.
Qu’est-ce que la liaison équipotentielle locale et est-elle vraiment obligatoire ?
La liaison équipotentielle locale (LEL) est un conducteur en cuivre de 2,5 mm² minimum qui relie entre elles toutes les masses métalliques de la salle de bain : canalisations d’eau chaude et froide, évacuations métalliques, huisseries, corps de baignoire en métal, armature de plancher chauffant. Elle est obligatoire dans toute salle de bain selon la NF C 15-100. Son rôle est d’empêcher qu’une différence de potentiel dangereuse n’apparaisse entre deux éléments conducteurs accessibles simultanément.
Un chauffe-eau peut-il être installé au-dessus de la baignoire (volume 1) ?
Oui, sous conditions strictes. Seuls les chauffe-eau à accumulation (et non instantanés) de type horizontal sont autorisés en volume 1. Ils doivent être installés le plus haut possible, raccordés sur un circuit dédié protégé par un disjoncteur adapté et un différentiel 30 mA. Cette tolérance existe parce que dans de nombreuses petites salles de bain, il n’y a pas d’autre emplacement possible.
Quel indice de protection IP choisir pour un luminaire de salle de bain ?
L’indice IP dépend du volume. En volume 0 : IPX7 (immersion). En volume 1 : IPX4 minimum (projections d’eau) avec alimentation TBTS 12 V. En volume 2 : IPX4 avec appareil de classe II. En hors volume : IPX1 est recommandé (gouttes verticales). Concrètement, pour un spot au-dessus de la douche, il faut un modèle 12 V TBTS classé IP44 ou IP65, avec le transformateur installé hors des volumes 0, 1 et 2.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.