Un multimètre à 220 € alors qu’on en trouve à 18 € sur les marketplaces : la question revient à chaque discussion entre collègues sur le chantier. Le Fluke 117 se vend entre 200 et 260 € selon les distributeurs, soit dix à douze fois le prix d’un appareil d’entrée de gamme. Pour un bricoleur occasionnel, l’écart paraît absurde. Pour un électricien qui mesure des tensions parasites dans un faux plafond de bureau à 7 h du matin, la réponse est tout autre. Cet article détaille, fonction par fonction, ce que ce tarif couvre réellement, et dans quels cas un modèle économique suffit parfaitement.
Dans cet article
- Le Fluke 117 affiche un prix moyen de 220 à 260 € en 2026, justifié principalement par la mesure True RMS, la détection AutoVolt et la catégorie de sécurité CAT III 600 V
- Un multimètre à 20 € donne des mesures fiables en courant continu, mais peut afficher des écarts de 15 à 40 % sur les signaux déformés par les variateurs et les alimentations à découpage
- La fonction LoZ (basse impédance) élimine les tensions fantômes qui induisent en erreur lors du diagnostic d’un circuit coupé
- Sur cinq ans d’usage professionnel, le coût total de possession du Fluke 117 revient à environ 0,15 € par jour, cordons et piles compris
- Le Fluke 115 convient à 80 % des mesures domestiques et coûte 40 à 60 € de moins que le 117
- Pour de l’électronique pure ou de la maintenance industrielle lourde, le Fluke 117 n’est pas le bon choix : il faut viser le 87V ou un oscilloscope portable
Sommaire
- Ce que contient la boîte et ce que vous payez réellement
- True RMS, AutoVolt, LoZ : trois fonctions qui changent tout sur le terrain
- Fluke 117 face à un multimètre à 20 € : le comparatif mesure par mesure
- Précision et sécurité : ce que disent les normes CAT III 600 V
- Durabilité sur chantier : mon retour après des années d’utilisation
- Fluke 117 vs Fluke 115, 116 et 179 : lequel choisir selon votre métier
- Le vrai coût sur cinq ans : achat, cordons, piles et étalonnage
- À qui le Fluke 117 ne convient pas
Ce que contient la boîte et ce que vous payez réellement
Le Fluke 117 est livré avec deux cordons de mesure TL75, une pile 9 V déjà installée et un mode d’emploi multilingue. Pas d’étui rigide, pas de pince ampèremétrique, pas de sonde de température. À ce tarif, certains trouvent le packaging léger. C’est un choix délibéré de Fluke : concentrer le budget sur l’électronique interne et la certification de sécurité, pas sur les accessoires.
En face, un multimètre à 20 € arrive souvent avec un jeu de cordons fins, parfois un thermocouple type K et un étui souple. L’impression de « tout inclus » est séduisante. Mais la qualité des cordons de série sur ces appareils est le premier problème : gaines raides en dessous de 5 °C, fiches qui prennent du jeu après quelques mois, isolation dont on ne connaît pas la tenue réelle en tension.
Le prix du Fluke 117 intègre surtout trois éléments invisibles à l’ouverture du carton : la calibration en usine avec certificat traçable, les tests de conformité à la norme IEC 61010-1 et une garantie constructeur de trois ans. Un multimètre à 20 € n’a généralement aucune calibration documentée et une garantie de douze mois au mieux, sans service après-vente identifiable en France.
True RMS, AutoVolt, LoZ : trois fonctions qui changent tout sur le terrain
Ces trois mots reviennent dans toutes les fiches techniques, mais leur impact concret sur un chantier mérite d’être détaillé. J’ai consacré un article complet à la différence entre True RMS et mesure moyenne ; voici le résumé appliqué au Fluke 117.
True RMS (valeur efficace vraie)
Un multimètre classique à 20 € mesure la valeur moyenne du signal, puis applique un coefficient multiplicateur (1,11) pour afficher une valeur « efficace ». Cela fonctionne parfaitement sur un signal sinusoïdal pur. Le problème, c’est que le réseau électrique domestique n’est plus sinusoïdal depuis longtemps. Les alimentations à découpage des ordinateurs, les variateurs de vitesse des VMC, les lave-vaisselle modernes et les chargeurs de véhicules électriques injectent des harmoniques qui déforment la sinusoïde.
Sur un circuit alimentant un variateur de lumière LED, j’ai mesuré 227 V avec le Fluke 117 et 241 V avec un multimètre à 25 €. L’écart de 14 V, soit 6 %, venait de la mauvaise interprétation du signal déformé par le capteur à valeur moyenne. Sur un courant de fuite mesuré en milliampères, ce type d’erreur peut faire la différence entre un diagnostic correct et une fausse alerte.
AutoVolt (détection automatique AC/DC)
La fonction AutoVolt sélectionne automatiquement le mode tension alternative ou continue. Quand on travaille dans un tableau mixte avec du 230 V AC côté réseau et du 12 V DC côté domotique, ne pas avoir à tourner le sélecteur entre chaque mesure fait gagner du temps et évite des erreurs de lecture. C’est une fonction propre au Fluke 117 qu’on ne retrouve pas sur le Fluke 115 ni sur la plupart des concurrents dans cette gamme de prix.
LoZ (basse impédance d’entrée)
C’est la fonction qui justifie, à elle seule, une bonne partie de l’écart de prix pour un électricien du bâtiment. En mode LoZ, le Fluke 117 abaisse son impédance d’entrée pour éliminer les tensions fantômes (ou tensions induites). Ces tensions parasites apparaissent dans les câbles qui cheminent à côté de conducteurs sous tension. Un multimètre classique à haute impédance (10 MΩ) les détecte et affiche 30, 50, parfois 80 V sur un circuit qui est pourtant hors tension.
Sans la fonction LoZ, vous risquez de penser qu’un circuit est encore alimenté alors qu’il est coupé, ou pire, de croire qu’une tension résiduelle est « normale » et de ne pas chercher un vrai défaut d’isolement. En vingt ans de métier en Isère, j’ai vu plusieurs collègues perdre des heures sur des diagnostics faussés par ces tensions fantômes, simplement parce que leur appareil n’avait pas cette fonction.
Fluke 117 face à un multimètre à 20 € : le comparatif mesure par mesure
Le tableau ci-dessous compare les performances typiques d’un Fluke 117 avec celles d’un multimètre générique à 20 € (type DT830 ou équivalent). Les valeurs du multimètre générique sont basées sur les spécifications annoncées et mes relevés de terrain.
| Critère | Fluke 117 | Multimètre générique (20 €) |
|---|---|---|
| Résolution afficheur | 6 000 points | 2 000 points |
| Précision tension DC | ± 0,5 % | ± 0,8 à 1,2 % |
| Précision tension AC (signal sinusoïdal) | ± 1,0 % | ± 1,5 à 2,0 % |
| Précision tension AC (signal déformé) | ± 1,0 % (True RMS) | Erreur de 5 à 40 % possible |
| Mesure de courant | Jusqu’à 10 A AC/DC | Jusqu’à 10 A (précision moindre) |
| Fonction LoZ | Oui | Non |
| AutoVolt (AC/DC auto) | Oui | Non |
| Catégorie de sécurité | CAT III 600 V | CAT II 600 V ou non certifié |
| Rétroéclairage | Oui | Rarement |
| Continuité avec buzzer | Réponse < 1 ms | Réponse 0,5 à 2 s |
| Garantie | 3 ans | 6 à 12 mois |
| Prix moyen 2026 | 220 à 260 € | 15 à 25 € |
La ligne « continuité avec buzzer » mérite une attention particulière. Sur le Fluke 117, le bip est quasi instantané : vous faites glisser la pointe de touche le long d’un conducteur et le son suit en temps réel. Sur un modèle à 20 €, le délai de réponse atteint parfois deux secondes, ce qui rend le test de continuité sur un faisceau de câbles pénible et peu fiable. Pour quelqu’un qui débute avec un multimètre, cette réactivité change complètement l’expérience.
Précision et sécurité : ce que disent les normes CAT III 600 V
La classification CAT (catégorie de mesure) définie par la norme IEC 61010-1 n’est pas un argument marketing. Elle indique le niveau de protection de l’appareil face aux transitoires (surtensions brèves) qui peuvent survenir à différents points du réseau électrique.
- CAT II : mesures sur des appareils branchés sur des prises (TV, ordinateur, électroménager)
- CAT III : mesures dans les tableaux de distribution, les coffrets et les câblages fixes du bâtiment
- CAT IV : mesures en amont du compteur, au niveau du branchement du distributeur
Le Fluke 117 est certifié CAT III 600 V. Cela signifie que ses circuits internes et ses fusibles sont dimensionnés pour absorber une surtension transitoire de 6 000 V sans exploser. Un multimètre à 20 € annonce parfois « CAT III » sur son emballage, mais sans certification par un laboratoire indépendant (UL, CSA, TÜV), cette mention ne vaut rien. La différence se mesure en sécurité physique : un arc interne dans un multimètre non certifié, en présence d’un court-circuit dans un tableau, peut provoquer une brûlure ou un départ de feu.
Je n’affirme pas que tous les multimètres économiques sont dangereux. Certains modèles de marques comme Uni-T ou Brymen offrent des certifications réelles en CAT III pour des prix intermédiaires (60 à 120 €). Mais en dessous de 40 €, il est extrêmement rare de trouver un appareil dont la sécurité a été validée par un organisme tiers. La norme d’habilitation électrique en France impose d’ailleurs d’utiliser du matériel adapté à l’environnement de mesure.
Durabilité sur chantier : mon retour après des années d’utilisation
Le boîtier du Fluke 117 est moulé en plastique épais avec une coque de protection en élastomère jaune. Après des chutes répétées depuis un escabeau, de la poussière de plâtre accumulée dans le sélecteur rotatif et des journées entières dans une sacoche à outils en plein été, le mien fonctionne toujours sans dérive mesurable. Le sélecteur rotatif est le point faible mécanique de tous les multimètres ; sur le Fluke, il reste ferme et cranté même après plusieurs années.
Les cordons TL75 livrés d’origine sont corrects sans être exceptionnels. J’ai remplacé les miens par des TL175 TwistGuard au bout de deux ans : les embouts ajustables permettent de limiter la longueur de pointe exposée, ce qui réduit le risque de court-circuit accidentel dans un tableau serré. Budget : environ 30 €.
La pile 9 V dure entre 200 et 400 heures d’utilisation selon que le rétroéclairage est activé ou non. Pour un usage professionnel quotidien, comptez un changement tous les six à huit mois. Le compartiment de pile s’ouvre sans outil grâce à un système de clips, ce qui est un détail appréciable quand la pile lâche en pleine intervention.
En comparaison, les multimètres à 20 € que j’ai vus passer sur les chantiers (ceux des apprentis, souvent) tiennent rarement plus de douze à dix-huit mois. Le sélecteur devient flottant, l’afficheur se décolle, les ressorts des bornes de connexion perdent leur tension. Le remplacement annuel à 20 € finit par coûter aussi cher qu’un seul Fluke sur cinq ans, sans la fiabilité des mesures.
Fluke 117 vs Fluke 115, 116 et 179 : lequel choisir selon votre métier
Fluke propose une gamme large et les références se ressemblent suffisamment pour créer de la confusion. Voici un comparatif synthétique des quatre modèles les plus souvent comparés au 117.
| Modèle | True RMS | AutoVolt | LoZ | Température | Micro-ampères | Usage principal | Prix moyen 2026 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Fluke 115 | Oui | Non | Non | Non | Non | Électricien résidentiel, dépannage simple | 170 à 210 € |
| Fluke 116 | Oui | Non | Non | Oui | Oui | Technicien CVC (chauffage, ventilation, clim) | 210 à 250 € |
| Fluke 117 | Oui | Oui | Oui | Non | Non | Électricien bâtiment tertiaire et résidentiel | 220 à 260 € |
| Fluke 179 | Oui | Non | Non | Oui | Non | Maintenance industrielle, précision accrue | 330 à 380 € |
Le Fluke 115 est le choix rationnel si vous faites exclusivement du résidentiel et que vous n’intervenez jamais dans des environnements où les tensions fantômes posent problème (immeubles de bureaux avec beaucoup de câbles courants faibles à proximité des courants forts). Il couvre 80 % des besoins d’un électricien pour 40 à 60 € de moins.
Le Fluke 116 s’adresse aux techniciens CVC qui ont besoin de mesurer des micro-ampères (flamme de chaudière) et des températures. Si vous ne faites pas de maintenance de chaudières, il n’a aucun intérêt par rapport au 117.
Le Fluke 179 monte en gamme avec une meilleure précision de base (± 0,09 % en DC contre ± 0,5 % pour le 117) et une mesure de température intégrée. C’est l’outil de la maintenance industrielle, pas du chantier de rénovation électrique résidentielle.
Mon avis sur le Fluke 117 est net : c’est le meilleur compromis pour un électricien qui travaille à la fois en résidentiel et en petit tertiaire. L’AutoVolt et le LoZ sont des gains de temps et de fiabilité quotidiens que ni le 115 ni le 179 n’offrent dans ce format compact.
Le vrai coût sur cinq ans : achat, cordons, piles et étalonnage
L’argument du prix d’achat seul est trompeur. Voici le calcul du coût total de possession sur cinq ans pour un usage professionnel (environ 1 000 heures de mesure par an).
| Poste de dépense | Fluke 117 | Multimètre à 20 € (remplacé tous les 18 mois) |
|---|---|---|
| Achat initial | 240 € | 20 € |
| Remplacement appareil | 0 € | 40 € (2 remplacements) |
| Cordons de rechange | 30 € (1 jeu TL175) | 15 € (3 jeux à 5 €) |
| Piles 9 V (qualité) | 20 € (8 piles) | 12 € (10 piles, conso plus élevée) |
| Étalonnage (optionnel, tous les 2 ans) | 60 € (si exigé par le client) | Non disponible |
| Total sur 5 ans | 290 à 350 € | 87 € |
| Coût par jour ouvré (250 j/an) | 0,23 à 0,28 € | 0,07 € |
Le Fluke reste trois à quatre fois plus cher sur la durée, même en intégrant les remplacements du modèle économique. La question n’est donc pas financière au sens strict. Elle est fonctionnelle : avez-vous besoin du True RMS, du LoZ et de la sécurité CAT III certifiée ?
Si vous êtes électricien auto-entrepreneur, la réponse est oui. Le Fluke 117 est un investissement professionnel amortissable, et les 0,25 € par jour disparaissent dans le coût d’une seule heure de main-d’œuvre facturée. Si vous êtes bricoleur et que vous mesurez la tension d’une prise deux fois par an, un modèle à 20 € fait le travail.
Pour l’étalonnage, il n’est obligatoire que si vous travaillez dans un cadre soumis à une norme qualité (ISO 9001, certains marchés publics). En résidentiel courant, la calibration d’usine du Fluke 117 suffit largement. La procédure d’étalonnage accrédité COFRAC coûte entre 50 et 80 € et se fait par envoi postal chez un prestataire agréé.
À qui le Fluke 117 ne convient pas
Le Fluke 117 n’est pas un appareil universel. Voici les profils pour lesquels il représente un mauvais investissement :
- L’électronicien de bureau qui a besoin de mesurer des tensions en millivolts, des fréquences élevées ou des capacités au-delà de quelques microfarads. Le Fluke 117 plafonne à 6 000 points de résolution et n’a pas de fonction de mesure de fréquence dédiée. Un Fluke 87V ou un Brymen BM867s sera plus adapté.
- Le technicien de maintenance industrielle qui intervient sur des variateurs de vitesse triphasés ou des alimentations haute tension. Il lui faut un appareil CAT IV et une bande passante de mesure AC supérieure aux 500 Hz du Fluke 117.
- Le bricoleur occasionnel qui veut vérifier la tension d’une prise ou tester une pile. Un multimètre à 30 ou 40 € d’une marque identifiable (Uni-T UT61E, par exemple) fera le même travail pour cet usage.
- L’installateur de bornes de recharge IRVE qui a besoin de mesurer l’isolement en mégohms et la continuité de terre sous 200 mA. Le Fluke 117 ne remplace pas un contrôleur d’installation type Fluke 1664 FC ou Metrel MI 3152.
Pour les diagnostics liés au compteur Linky (vérification de la tension réseau, identification d’un déséquilibre de phase), le Fluke 117 est en revanche parfaitement dimensionné. Sa plage de mesure de 0,1 à 600 V AC couvre tous les cas de figure en monophasé et en triphasé 400 V.
Un point souvent oublié : le Fluke 117 ne mesure pas la puissance ni l’énergie. Pour savoir combien consomme un appareil, il faut une pince wattmétrique ou un wattmètre en ligne. Si votre client vous demande de vérifier la consommation de sa climatisation, le Fluke 117 mesure le courant et la tension, mais pas le facteur de puissance, donc pas la puissance réelle absorbée.
À retenir
- Le Fluke 117 se justifie dès que vous travaillez dans des tableaux électriques ou des environnements avec des câbles courants faibles à proximité : la fonction LoZ évite les diagnostics faussés par les tensions fantômes
- Vérifiez que votre multimètre porte une certification CAT III par un laboratoire indépendant (logo UL, CSA ou TÜV sur le boîtier), pas seulement la mention « CAT III » sur l’emballage
- Si vous hésitez entre le 115 et le 117, posez-vous une seule question : intervenez-vous en tertiaire (bureaux, commerces, copropriétés) ? Si oui, le LoZ et l’AutoVolt du 117 vous feront gagner du temps chaque semaine
- N’oubliez pas de remplacer les cordons de mesure dès que la gaine présente une craquelure ou que les fiches ont du jeu : un cordon défaillant annule toute la sécurité de l’appareil
- Pour un usage exclusivement domestique et occasionnel, un multimètre de 30 à 50 € avec True RMS offre un rapport qualité-prix suffisant
Questions fréquentes
Quel est le meilleur multimètre Fluke pour un électricien du bâtiment ?
Le Fluke 117 est le modèle le plus adapté pour un électricien du bâtiment qui intervient en résidentiel et en petit tertiaire. Ses fonctions AutoVolt et LoZ (basse impédance) répondent aux situations quotidiennes : diagnostic dans les tableaux, détection de tensions fantômes, mesures rapides sans changer de calibre. Pour du résidentiel exclusif, le Fluke 115 suffit et coûte 40 à 60 € de moins.
Le Fluke 117 est-il fiable pour mesurer sur des circuits avec variateurs LED ?
Oui. Le Fluke 117 mesure en True RMS (valeur efficace vraie), ce qui lui permet d’afficher la tension correcte même sur des signaux déformés par des variateurs LED, des alimentations à découpage ou des chargeurs de véhicules électriques. Un multimètre sans True RMS peut afficher des écarts de 5 à 40 % sur ces circuits, ce qui fausse le diagnostic.
Peut-on utiliser un multimètre à 20 euros pour des travaux électriques domestiques ?
Pour vérifier la tension d’une prise ou tester la continuité d’un fil en toute simplicité, un multimètre à 20 € fonctionne. En revanche, dès que vous ouvrez un tableau électrique ou que vous travaillez sur des circuits fixes, il faut un appareil certifié CAT III 600 V par un organisme indépendant. Les multimètres à moins de 40 € ne disposent généralement pas de cette certification réelle, ce qui pose un risque de sécurité en cas de surtension transitoire.
Quelle est la différence entre le Fluke 117 et le Fluke 177 ?
Le Fluke 177 (de la série 170) offre une meilleure précision de base en tension continue (± 0,09 % contre ± 0,5 % pour le 117) et un afficheur à barregraphe analogique. En revanche, il ne possède ni la fonction AutoVolt, ni le mode LoZ du Fluke 117. Le 177 est conçu pour la maintenance industrielle où la précision prime ; le 117 est conçu pour l’électricien du bâtiment où la rapidité de diagnostic et l’élimination des tensions fantômes sont prioritaires.
Faut-il faire étalonner son Fluke 117 régulièrement ?
Pour un usage en résidentiel courant, la calibration d’usine du Fluke 117 est suffisante et reste stable pendant plusieurs années. L’étalonnage périodique (tous les un à deux ans) n’est exigé que dans le cadre de normes qualité (ISO 9001) ou de certains marchés publics. Il coûte entre 50 et 80 € auprès d’un prestataire accrédité COFRAC et se fait par envoi postal.
Le Fluke 117 peut-il remplacer un testeur d’installation électrique ?
Non. Le Fluke 117 mesure la tension, le courant, la résistance et la continuité, mais il ne réalise pas les tests spécifiques exigés par la norme NF C 15-100 pour un diagnostic d’installation : mesure d’isolement en mégohms, test de boucle de défaut, vérification du seuil de déclenchement des différentiels. Pour ces tests, il faut un contrôleur d’installation dédié (Fluke 1664 FC, Metrel, Chauvin Arnoux). Le Fluke 117 est un complément, pas un remplacement.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. Il intervient sur la rénovation électrique, la mise aux normes et les bornes de recharge, et tient son carnet technique en ligne.