Devenir électricien auto-entrepreneur : qualifications, assurance et seuils

Un autoentrepreneur électricien doit justifier d’un diplôme ou de trois ans d’expérience, souscrire une décennale et respecter un plafond de chiffre d’affaires fixé à 77 700 € pour les prestations de service en 2026. Chaque année, je croise des collègues qui se lancent sans connaître l’un de ces trois piliers et se retrouvent bloqués dès le premier chantier. Voici tout ce qu’il faut savoir avant de créer votre micro-entreprise dans l’électricité.

Dans cet article

  • L’accès au métier d’autoentrepreneur électricien exige un CAP Électricien, un BEP ou 3 ans d’expérience justifiable auprès de la Chambre de Métiers
  • L’assurance décennale est légalement obligatoire : comptez entre 1 200 et 2 800 € par an selon votre chiffre d’affaires et vos garanties
  • Le plafond de chiffre d’affaires en micro-entreprise est de 77 700 € HT pour les prestations de service et 188 700 € HT pour la fourniture avec pose
  • Les cotisations sociales représentent 21,1 % du CA pour les prestations de service artisanales en 2026
  • Un électricien auto-entrepreneur facture en moyenne entre 40 et 65 € HT de l’heure selon la complexité et la zone géographique
  • Le stage de préparation à l’installation (SPI) n’est plus obligatoire depuis la loi PACTE, mais reste recommandé

Qualifications obligatoires pour devenir autoentrepreneur électricien

L’électricité fait partie des métiers réglementés en France. Vous ne pouvez pas vous déclarer autoentrepreneur électricien simplement en remplissant un formulaire en ligne. La Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) vérifie systématiquement votre qualification avant de valider votre immatriculation au Répertoire des Métiers.

Concrètement, vous devez remplir l’une des trois conditions suivantes :

  • Détenir un diplôme : CAP Électricien (anciennement CAP Préparation et réalisation d’ouvrages électriques), BEP Électrotechnique, Bac Pro MELEC, BTS Électrotechnique ou titre équivalent inscrit au RNCP
  • Justifier de 3 ans d’expérience salariée dans l’électricité, attestée par des certificats de travail ou des bulletins de salaire
  • Obtenir une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) qui débouche sur un diplôme reconnu

Cette exigence découle du décret n° 98-246 relatif à la qualification artisanale, qui impose une qualification professionnelle pour toute activité touchant à la sécurité des personnes. L’électricité est classée dans cette catégorie, au même titre que le gaz ou la plomberie.

Sur mes chantiers en Isère, je vérifie toujours les qualifications des sous-traitants auto-entrepreneurs avec qui je collabore. J’ai vu des particuliers engager un « électricien » trouvé sur une plateforme de mise en relation, pour découvrir ensuite que la personne n’avait aucune qualification valide. En cas d’accident, l’assurance ne couvre rien.

Peut-on s’installer électricien auto-entrepreneur sans diplôme ?

La réponse courte : oui, mais sous conditions strictes. L’absence de diplôme ne ferme pas définitivement la porte, à condition de prouver votre compétence par une autre voie.

La première option est l’expérience professionnelle de trois ans. Cette durée se calcule en équivalent temps plein. Si vous avez travaillé à mi-temps, il faut six ans de bulletins de salaire. L’expérience doit être directement liée à l’activité d’électricien : un poste de magasinier dans une entreprise d’électricité ne compte pas.

La deuxième option est la VAE. Vous constituez un dossier décrivant vos compétences acquises sur le terrain, vous passez devant un jury, et vous obtenez un diplôme officiel. La procédure dure entre 8 et 18 mois selon les académies et coûte entre 500 et 2 000 € (partiellement finançable via votre CPF).

La troisième option, moins connue, consiste à embaucher un salarié qualifié qui assure la direction technique de l’entreprise. Mais en micro-entreprise, embaucher un salarié fait exploser les charges et rend le statut peu pertinent.

Ce que je déconseille formellement : tenter de s’inscrire sous un code APE différent pour contourner l’exigence de qualification. Certains essaient de se déclarer en « multiservice » ou en « bricolage » pour éviter le contrôle de la CMA. C’est un exercice illégal qui expose à des sanctions pénales et à l’annulation de toute couverture assurantielle.

Les démarches d’inscription pas à pas

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Voici la marche à suivre :

Étape 1 : Rassembler les pièces justificatives. Préparez votre pièce d’identité, un justificatif de domicile de moins de 3 mois, votre diplôme ou attestation d’expérience, et une déclaration sur l’honneur de non-condamnation.

Étape 2 : Créer votre compte sur le guichet unique. Rendez-vous sur le site des formalités d’entreprises et sélectionnez « Créer une entreprise », puis « Entreprise individuelle » et « Micro-entreprise ». Le code APE sera généralement 43.21A (travaux d’installation électrique dans tous locaux).

Étape 3 : Choisir vos options fiscales. Vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si votre revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas un certain seuil. Cette option permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations, à un taux de 1,7 % du CA pour les prestations de service.

Étape 4 : S’immatriculer au Répertoire des Métiers. En tant qu’artisan, votre inscription au RM est automatique via le guichet unique. C’est à cette étape que la CMA vérifie votre qualification. Comptez 1 à 4 semaines pour obtenir votre numéro SIRET.

Étape 5 : Souscrire vos assurances. N’attendez pas votre premier chantier. Votre décennale et votre RC Pro doivent être actives avant toute intervention. J’y reviens en détail dans la section suivante.

Le stage de préparation à l’installation (SPI), autrefois obligatoire, est facultatif depuis la loi PACTE de 2019. Il reste néanmoins utile pour maîtriser la gestion, la facturation et les obligations comptables. Son coût varie de 200 à 400 € selon les CMA.

Assurance décennale et RC Pro : ce qu’il faut souscrire

C’est le point sur lequel je vois le plus d’erreurs. Beaucoup d’auto-entrepreneurs pensent que la responsabilité civile professionnelle suffit. En réalité, deux couvertures distinctes sont nécessaires :

La garantie décennale est obligatoire pour tout artisan réalisant des travaux de construction ou de rénovation. Elle couvre les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant 10 ans après réception. Un défaut de câblage provoquant un incendie, un tableau électrique mal dimensionné qui fait disjoncter en permanence : ce sont des sinistres décennaux. L’absence de décennale est sanctionnée par 6 mois de prison et 75 000 € d’amende selon le Code des assurances.

La RC Pro couvre les dommages causés aux tiers pendant l’intervention : un percement qui touche une canalisation chez le voisin, un outil qui abîme un meuble du client, une blessure accidentelle. Elle n’est pas légalement obligatoire pour tous les métiers, mais en électricité, aucun assureur sérieux ne propose de décennale sans RC Pro.

Assurance Obligatoire ? Coût annuel moyen Ce qu’elle couvre
Garantie décennale Oui (Code des assurances) 1 200 à 2 800 € Dommages à l’ouvrage pendant 10 ans
RC Professionnelle Fortement recommandée 300 à 800 € Dommages aux tiers pendant l’intervention
Protection juridique Non 150 à 400 € Litiges clients, impayés, contentieux
Multirisque pro Non 200 à 600 € Véhicule, outillage, local professionnel

Pour obtenir un tarif compétitif, demandez au moins trois devis. Le montant de la décennale varie selon votre chiffre d’affaires prévisionnel, votre ancienneté, votre sinistralité et le type de travaux déclarés. Un autoentrepreneur électricien débutant avec un CA prévisionnel de 40 000 € paiera généralement autour de 1 500 à 2 000 € par an.

Vérifiez bien que votre contrat mentionne explicitement les travaux d’installation électrique et pas seulement le « dépannage » ou la « maintenance ». Si vous posez un tableau électrique neuf et que votre contrat ne couvre que le dépannage, vous n’êtes pas assuré.

Seuils de chiffre d’affaires et fiscalité en 2026

Le régime de la micro-entreprise impose des plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser. En 2026, ces seuils sont les suivants :

Type d’activité Plafond CA HT Seuil majoré (tolérance) Cotisations sociales
Prestations de service (main-d’œuvre seule) 77 700 € 85 800 € 21,1 % du CA
Vente de marchandises + pose (activité mixte) 188 700 € 188 700 € 12,3 % (vente) + 21,1 % (service)

La distinction est cruciale pour un autoentrepreneur électricien. Si vous facturez uniquement de la main-d’œuvre (le client achète lui-même le matériel), vous êtes en prestation de service pure, plafonné à 77 700 €. Si vous achetez et revendez le matériel en plus de la pose, vous relevez de l’activité mixte : la part fourniture est plafonnée à 188 700 € et la part main-d’œuvre à 77 700 €.

En pratique, la majorité des électriciens auto-entrepreneurs fournissent aussi le matériel. C’est plus simple pour le client et cela vous permet de dégager une marge sur les fournitures. Mais attention : le total des deux activités ne doit pas dépasser 188 700 €.

Côté TVA, la réforme de 2025 a abaissé le seuil de franchise à 25 000 € pour toutes les micro-entreprises. En dessous de ce montant, vous facturez sans TVA (mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur vos factures). Au-delà, vous devez facturer la TVA, la collecter et la reverser. Renseignez-vous sur le site Service Public dédié à la franchise de TVA pour connaître les modalités exactes.

Pour l’impôt sur le revenu, deux options :

  • Le versement libératoire : 1,7 % du CA (prestations de service) ou 1 % (vente), prélevé mensuellement ou trimestriellement avec les cotisations. Accessible si votre revenu fiscal N-2 ne dépasse pas environ 28 797 € par part
  • Le régime classique : votre bénéfice est intégré à votre déclaration de revenus après un abattement forfaitaire de 50 % (prestations) ou 71 % (vente)

La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) s’ajoute à ces charges. Son montant dépend de votre commune et de votre CA. En Isère, comptez entre 200 et 700 € par an. Vous en êtes exonéré la première année civile d’activité.

Combien facturer en autoentrepreneur électricien

C’est la question que me posent le plus souvent les collègues qui démarrent. Fixer ses tarifs trop bas pour « se faire un nom » est l’erreur la plus courante, et la plus dangereuse pour la pérennité de l’activité.

Pour déterminer votre taux horaire, partez de vos charges réelles :

  • Cotisations sociales : 21,1 % du CA
  • Décennale + RC Pro : environ 150 à 230 € par mois
  • Véhicule (carburant, assurance, entretien) : 300 à 500 € par mois
  • Outillage et consommables : 100 à 200 € par mois
  • CFE, comptabilité, téléphone, logiciel de devis : 100 à 200 € par mois

En comptant 220 jours travaillés et un taux d’occupation réaliste de 70 % (le reste étant consacré aux devis, déplacements, administratif), vous facturez réellement environ 154 jours par an. Pour dégager un revenu net de 2 500 € par mois, il faut facturer autour de 50 à 55 € HT de l’heure.

Type d’intervention Tarif horaire moyen HT Fourchette constatée
Dépannage simple (remplacement prise, disjoncteur) 45 € 35 à 55 €
Installation neuve (prises, éclairages, tableau) 50 € 40 à 60 €
Mise aux normes NF C 15-100 55 € 45 à 65 €
Dépannage urgent (soir, week-end) 75 € 60 à 95 €
Installation borne IRVE 55 € 45 à 70 €

Ces tarifs correspondent à ce que je constate sur le département de l’Isère. En région parisienne, majorez de 15 à 25 %. En zone rurale, les tarifs sont souvent légèrement inférieurs mais les frais de déplacement plus élevés.

Pensez aussi à votre politique de frais de déplacement. Deux approches : soit un forfait fixe (20 à 40 € selon la zone), soit un tarif intégré dans le taux horaire. La première option est plus transparente pour le client. Quand je rédige un devis de remplacement de tableau électrique, je détaille toujours le déplacement séparément.

Micro-entreprise ou société : quel statut choisir

Le statut d’autoentrepreneur électricien est idéal pour démarrer, mais il n’est pas adapté à toutes les situations. Voici les critères de décision :

Restez en micro-entreprise si :

  • Votre CA reste sous les seuils (77 700 € en service, 188 700 € en mixte)
  • Vos charges réelles représentent moins de 50 % de votre CA
  • Vous travaillez seul, sans salarié
  • Vous n’avez pas besoin de déduire vos charges réelles (amortissement véhicule, gros outillage)

Passez en société (EURL ou SASU) si :

  • Votre CA dépasse régulièrement 60 000 à 65 000 € en prestation de service (à ce niveau, les charges forfaitaires de la micro deviennent moins avantageuses que les charges réelles)
  • Vous investissez beaucoup en matériel (nacelle, véhicule utilitaire, outillage spécialisé pour les interventions nécessitant une habilitation électrique spécifique)
  • Vous souhaitez embaucher un apprenti ou un salarié
  • Vous visez des marchés publics ou des sous-traitances avec de grands groupes qui exigent un bilan comptable

L’EIRL, qui permettait de protéger son patrimoine personnel sans créer de société, a été supprimée en 2022. Depuis, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est automatiquement protégé par la loi du 14 février 2022 : seuls les biens utiles à l’activité professionnelle peuvent être saisis par les créanciers professionnels. C’est un vrai progrès pour les auto-entrepreneurs.

Mon conseil après plus de vingt ans dans le métier : commencez en micro-entreprise pour tester votre marché, constituer votre clientèle et affiner vos tarifs. Si au bout de 12 à 18 mois votre CA dépasse 50 000 € et progresse, prévoyez la transition vers une EURL à l’IS. Le coût comptable annuel (1 500 à 3 000 €) est largement compensé par l’optimisation fiscale et la capacité d’investissement.

Les erreurs fréquentes que je constate sur le terrain

En collaborant avec des auto-entrepreneurs et en intervenant après leur passage sur certains chantiers, j’ai identifié des erreurs récurrentes qui coûtent cher :

1. Sous-estimer le temps administratif. Devis, factures, déclarations URSSAF, relances d’impayés, mise à jour des attestations d’assurance : comptez 1 à 2 jours par semaine au démarrage. Ce temps non facturé doit être intégré dans votre calcul de taux horaire.

2. Oublier la mention de l’assurance sur les devis. Depuis la loi Pinel de 2014, tout devis et toute facture doivent mentionner l’assurance décennale, les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique. L’absence de ces mentions est passible d’une amende de 1 500 €.

3. Ne pas vérifier la conformité de son installation. Si vous posez un tableau électrique pour une piscine ou si vous intervenez sur une alimentation de tableau secondaire, le respect de la norme NF C 15-100 n’est pas une option. Un Consuel peut être exigé pour toute installation neuve, et un diagnostic électrique pour les rénovations dans le cadre d’une vente.

4. Confondre auto-entrepreneur et salarié déguisé. Si vous travaillez exclusivement pour un seul donneur d’ordre, avec des horaires imposés et du matériel fourni, l’URSSAF peut requalifier votre activité en salariat déguisé. Les conséquences : rappel de cotisations pour le donneur d’ordre et perte de votre statut. Diversifiez votre clientèle dès le départ.

5. Négliger la formation continue. Les normes évoluent, les technologies aussi. L’habilitation électrique doit être renouvelée tous les 3 ans. La qualification IRVE, indispensable pour installer des bornes de recharge pour véhicule électrique, nécessite une formation spécifique. Ces investissements sont déductibles de votre CPF.

6. Facturer sans TVA au-delà du seuil. Avec le nouveau seuil de 25 000 € applicable depuis 2025, beaucoup d’auto-entrepreneurs dépassent le plafond de franchise sans s’en rendre compte. La TVA est alors due rétroactivement dès le premier euro du mois de dépassement. Surveillez votre CA mensuellement.

Pour éviter ces pièges, je recommande d’utiliser un logiciel de facturation adapté aux auto-entrepreneurs artisans. Il vous alerte automatiquement à l’approche des seuils et génère des devis conformes à la réglementation. Les solutions comme Henrri (gratuit) ou Obat (spécialisé BTP) sont bien adaptées aux métiers de l’électricité.

Sur la partie technique, ne négligez pas non plus les aspects connexes. Si un client vous demande conseil sur son compteur Linky ou sur ses heures creuses, savoir répondre fait partie du service et fidélise votre clientèle. De même, connaître les enjeux autour de la consommation des appareils électroménagers vous permet de proposer des solutions adaptées lors d’une rénovation.

À retenir

  • Vérifiez que vous disposez d’un CAP, BEP, Bac Pro ou 3 ans d’expérience avant toute démarche d’inscription auprès de la CMA
  • Souscrivez votre décennale et RC Pro avant le premier chantier : demandez au moins trois devis et vérifiez que le contrat couvre explicitement les travaux d’installation électrique
  • Surveillez votre CA chaque mois pour anticiper le dépassement du seuil de TVA à 25 000 € et le plafond micro-entreprise à 77 700 €
  • Facturez au minimum 50 € HT de l’heure pour couvrir vos charges réelles et dégager un revenu net décent
  • Mentionnez obligatoirement votre assurance décennale sur chaque devis et facture (nom de l’assureur, numéro de contrat, couverture géographique)

Questions fréquentes


Comment devenir auto-entrepreneur électricien ?

Il faut détenir un diplôme en électricité (CAP, BEP, Bac Pro, BTS) ou justifier de 3 ans d’expérience professionnelle salariée dans le domaine. L’inscription se fait via le guichet unique de l’INPI. La CMA vérifie votre qualification avant de valider l’immatriculation au Répertoire des Métiers. Vous devez ensuite souscrire une assurance décennale obligatoire avant de commencer à travailler.


Quel est le prix horaire d’un électricien auto-entrepreneur ?

Le tarif horaire moyen d’un autoentrepreneur électricien se situe entre 40 et 65 € HT selon le type d’intervention et la zone géographique. Un dépannage simple tourne autour de 35 à 55 € HT, une mise aux normes entre 45 et 65 € HT, et un dépannage urgent (soir ou week-end) peut atteindre 60 à 95 € HT. À ces tarifs s’ajoutent les frais de déplacement, généralement facturés entre 20 et 40 €.


Peut-on être électricien auto-entrepreneur sans diplôme ?

Oui, à condition de justifier de 3 ans d’expérience professionnelle en équivalent temps plein dans l’électricité, attestée par des certificats de travail et bulletins de salaire. Une autre voie est la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) qui permet d’obtenir un diplôme reconnu. En revanche, s’inscrire sous un autre code APE pour contourner l’obligation de qualification est illégal et expose à des sanctions pénales.


Quel est le meilleur statut pour un électricien indépendant ?

La micro-entreprise est idéale pour démarrer : formalités simplifiées, comptabilité allégée, cotisations proportionnelles au CA. Elle convient tant que le chiffre d’affaires reste sous 77 700 € en prestations de service. Au-delà de 50 000 à 65 000 € de CA annuel, l’EURL à l’IS devient souvent plus avantageuse grâce à la déduction des charges réelles et à l’optimisation fiscale. La SASU convient mieux si vous prévoyez une couverture sociale de type salarié.


Combien gagne un électricien à son compte ?

Le revenu net d’un autoentrepreneur électricien dépend de son CA, de ses charges et de son taux d’occupation. Avec un CA de 50 000 € et des charges totales d’environ 40 % (cotisations sociales, assurances, véhicule, outillage), le revenu net annuel tourne autour de 30 000 €, soit environ 2 500 € par mois. Les électriciens expérimentés avec une bonne clientèle peuvent atteindre 3 000 à 3 500 € nets mensuels en micro-entreprise.


L’assurance décennale est-elle obligatoire pour un électricien auto-entrepreneur ?

Oui, la garantie décennale est obligatoire pour tout artisan réalisant des travaux de construction ou de rénovation, y compris en auto-entreprise. Elle couvre les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage pendant 10 ans. Son absence est sanctionnée par 6 mois de prison et 75 000 € d’amende. Le coût annuel varie de 1 200 à 2 800 € selon le CA et les garanties choisies.


Laurent Vidal
Laurent Vidal

Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. Il intervient sur la rénovation électrique, la mise aux normes et les bornes de recharge, et tient son carnet technique en ligne.