Pour alimenter une maison entière lors d’une coupure, un groupe électrogène de 3 000 à 7 000 W couvre la majorité des besoins courants (éclairage, réfrigérateur, congélateur, chaudière, quelques prises). Le choix dépend du nombre d’appareils à maintenir simultanément, de la technologie du moteur et du mode de raccordement au tableau électrique, qui est encadré par la norme NF C 15-100.
Sommaire
- Calculer la puissance nécessaire en additionnant les watts de chaque appareil
- 2 000 W : ce que l’on alimente réellement avec un petit groupe
- Inverter ou conventionnel : la différence qui protège l’électronique
- Raccorder un groupe au tableau : l’inverseur de source obligatoire
- Carburant, bruit et entretien : les contraintes à ne pas sous-estimer
- Questions fréquentes
Calculer la puissance nécessaire en additionnant les watts de chaque appareil
La méthode est arithmétique. On liste chaque appareil que l’on souhaite maintenir en fonctionnement pendant la coupure, puis on additionne leurs puissances nominales, exprimées en watts (W). Le total obtenu correspond à la puissance continue minimale du groupe.
Attention au courant de démarrage. Un réfrigérateur consomme environ 150 W en régime stable, mais son compresseur appelle jusqu’à trois fois cette valeur à l’enclenchement. Un congélateur, une pompe de chaudière ou un climatiseur présentent le même phénomène. La puissance crête (ou maximale) du groupe doit absorber ces pointes sans disjoncter.
| Appareil | Puissance nominale indicative | Courant de démarrage estimé |
|---|---|---|
| Éclairage LED (10 ampoules) | 100 W | 100 W |
| Réfrigérateur combiné | 150 W | 450 W |
| Congélateur coffre | 200 W | 600 W |
| Chaudière gaz (circulateur + carte) | 150 W | 300 W |
| Box internet + TV | 80 W | 80 W |
| Ordinateur portable | 65 W | 65 W |
| Radiateur électrique 1 500 W | 1 500 W | 1 500 W |
La colonne de droite permet de dimensionner la puissance crête. On le verra plus bas : la technologie inverter gère mieux ces appels de courant que les groupes conventionnels bon marché.
Pour un foyer qui veut garder le froid, la lumière, la chaudière et quelques prises, le calcul donne environ 750 W en continu et des pointes autour de 1 500 W. Un groupe de 3 000 W offre alors une marge confortable. Ajouter un radiateur électrique ou un chauffe-eau fait grimper le besoin vers 5 000 à 7 000 W, ce qui correspond aux recherches fréquentes des particuliers sur les modèles « pour maison entière ».
Voir aussi VMC double flux : consommation réelle et gain sur la facture de chauffage
2 000 W : ce que l’on alimente réellement avec un petit groupe
Un groupe de 2 000 W fait tourner simultanément un réfrigérateur, un congélateur, l’éclairage de plusieurs pièces, une box internet et un chargeur d’ordinateur. C’est le kit de survie électrique lors d’une panne hivernale, suffisant pour conserver les aliments et garder un minimum de confort.
Ce qu’il ne supporte pas : un radiateur électrique de 1 500 W en plus du reste, un four, une plaque à induction ou un cumulus. 2 000 W, c’est le strict nécessaire. Les modèles portables dans cette gamme pèsent entre 20 et 30 kg, ce qui reste manipulable pour un usage ponctuel.
Si la maison est équipée d’un délesteur, celui-ci ne fonctionne qu’avec le réseau EDF et ne gère pas la sortie d’un groupe. Le choix des circuits à alimenter se fait donc manuellement, en amont, lors du raccordement.
Inverter ou conventionnel : la différence qui protège l’électronique
Un groupe électrogène classique produit un courant dont la fréquence et la tension varient avec la charge. Les ampoules et les résistances s’en accommodent. Une carte mère de chaudière, un écran plat, un NAS ou un onduleur domestique, beaucoup moins.
La technologie inverter (onduleur intégré) redresse le courant produit par l’alternateur, puis le reconvertit en un signal sinusoïdal stable à 230 V / 50 Hz, avec une distorsion harmonique totale (THD) inférieure à 3 %. Les groupes conventionnels affichent souvent un THD de 10 à 20 %, ce qui reste tolérable pour de l’outillage mais risqué pour l’électronique sensible.
| Critère | Groupe conventionnel | Groupe inverter |
|---|---|---|
| Qualité du courant (THD) | 10 à 20 % | Inférieur à 3 % |
| Niveau sonore typique à 7 m | 70 à 80 dB(A) | 52 à 65 dB(A) |
| Consommation au ralenti | Régime fixe | Régime variable adapté à la charge |
| Poids (à puissance égale) | Plus léger | Plus lourd (électronique embarquée) |
| Budget indicatif (3 kW) | Entrée de gamme | Budget supérieur d’environ 30 à 50 % |
Pour un usage domestique où l’on souhaite préserver la chaudière, la box et les appareils connectés, le choix d’un inverter s’impose. C’est aussi la recommandation que l’on retrouve dans la documentation technique de Promeca, spécialiste de la distribution de groupes en France.
Un avantage supplémentaire : le régime moteur variable de l’inverter réduit la consommation de carburant lorsque la charge est faible, ce qui allonge l’autonomie du réservoir de plusieurs heures en utilisation nocturne.
Raccorder un groupe au tableau : l’inverseur de source obligatoire
Brancher un groupe électrogène sur une prise murale avec un câble mâle-mâle (parfois appelé « cordon suicide ») est interdit et dangereux. Le courant remonterait vers le réseau public et pourrait électrocuter un technicien Enedis intervenant sur la ligne, ou endommager les installations du voisinage au moment du retour du courant.
La norme NF C 15-100, détaillée dans notre guide dédié, impose un dispositif de coupure omnipolaire empêchant toute injection sur le réseau. En pratique, cela se traduit par l’installation d’un inverseur de source (aussi appelé commutateur réseau/groupe) en tête du tableau électrique.
Ce commutateur possède trois positions : réseau, zéro, groupe. En position zéro, les deux sources sont isolées. En position groupe, seul le générateur alimente le tableau. Le passage de l’une à l’autre se fait manuellement sur les modèles courants, ou automatiquement sur les inverseurs motorisés (ATS, pour Automatic Transfer Switch). L’article R4226-1 du Code du travail rappelle l’obligation de séparation des sources pour la sécurité des personnes.
L’installation doit être réalisée par un électricien qualifié, qui vérifiera la compatibilité avec le disjoncteur différentiel en place et la section des câbles entre le groupe et l’inverseur. Un câble sous-dimensionné sur un groupe de 7 000 W, c’est un échauffement garanti.
Voir aussi Subventions pour passer à l’éclairage LED en exploitation agricole
Carburant, bruit et entretien : les contraintes à ne pas sous-estimer
L’essence convient aux petits groupes portables (1 000 à 3 000 W) utilisés quelques heures par an. Le diesel s’impose au-delà de 5 000 W ou pour un usage fréquent : sa consommation plus faible par kWh produit compense le surcoût à l’achat sur la durée.
Le bruit reste le point noir. Un groupe conventionnel de 3 000 W tourne autour de 75 dB(A) à 7 mètres, soit le niveau d’une route passante. En zone résidentielle, les règles relatives aux bruits de voisinage publiées par service-public.fr s’appliquent. Concrètement, faire tourner un groupe toute la nuit sans insonorisation ni éloignement suffisant expose à un signalement. Un caisson d’insonorisation ou un modèle silencieux (inverter) atténue le problème sans l’éliminer.
Côté entretien, les points critiques sont la vidange moteur (toutes les 50 à 100 heures de fonctionnement selon les constructeurs), le remplacement de la bougie d’allumage (moteur essence), le nettoyage du filtre à air et la stabilisation du carburant si le groupe reste stocké plusieurs mois. Un carburant non stabilisé forme des dépôts qui encrassent le carburateur et empêchent le démarrage au moment où l’on en a besoin.
Pour les foyers déjà équipés d’une installation photovoltaïque, la question se pose d’associer le groupe à une batterie de stockage domestique. La batterie prend le relais immédiatement et silencieusement, le groupe n’intervenant qu’en dernier recours lorsque la batterie est vide. On y revient dans notre article consacré à la rentabilité des kits solaires.
À retenir
- Additionner les puissances nominales ET les courants de démarrage avant de choisir la taille du groupe.
- Privilégier un modèle inverter pour alimenter une chaudière, une box ou tout appareil électronique sensible.
- Installer un inverseur de source au tableau électrique : le raccordement direct sur prise est interdit.
- Faire appel à un électricien pour le câblage entre le groupe et le tableau, en respectant la norme NF C 15-100.
- Stabiliser le carburant et vidanger le moteur selon les préconisations du constructeur pour garantir un démarrage fiable.
Questions fréquentes
Quel groupe électrogène pour une maison ?
Un groupe de 3 000 W suffit pour l’éclairage, le froid alimentaire et la chaudière. Si l’on souhaite maintenir un ou plusieurs radiateurs électriques, il faut viser 5 000 à 7 000 W. Au-delà de 7 000 W, on entre dans la catégorie des groupes triphasés, réservés aux installations spécifiques.
Que peut-on brancher sur un groupe électrogène de 2 000 W ?
Réfrigérateur, congélateur, éclairage LED, box internet et un chargeur d’ordinateur fonctionnent ensemble sans dépasser la limite. Tout appareil résistif de forte puissance (radiateur, four, bouilloire) est exclu.
Faut-il choisir un groupe électrogène inverter ou non ?
L’inverter produit un courant stable (THD inférieur à 3 %) compatible avec l’électronique sensible. Pour un usage domestique incluant chaudière et équipements connectés, c’est le choix recommandé malgré un budget supérieur d’environ 30 à 50 % par rapport à un groupe conventionnel.
Peut-on brancher un groupe électrogène directement sur la maison ?
Uniquement via un inverseur de source installé en tête du tableau électrique. Le branchement sur prise murale avec un câble mâle-mâle est interdit par la norme NF C 15-100 : il met en danger les agents du réseau et les habitations voisines.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. Il intervient sur la rénovation électrique, la mise aux normes et les bornes de recharge, et tient son carnet technique en ligne.
Sources
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