Dans cet article
- La protection différentielle 30 mA est obligatoire sur tous les circuits d’un logement neuf ou rénové depuis l’amendement A5 de la NF C 15-100
- Un tableau électrique standard de T3 nécessite au minimum 3 interrupteurs différentiels 30 mA : 1 type A pour la plaque et le lave-linge, et 2 type AC pour le reste
- Chaque interrupteur différentiel 30 mA protège un maximum de 8 circuits en aval, ce qui impose de bien répartir les départs
- Le coût d’un interrupteur différentiel 30 mA varie de 25 à 120 € selon le type (AC, A, F ou B) et la marque
- En rénovation partielle, l’ajout d’une protection 30 mA sur un ancien tableau coûte entre 180 et 450 € pose comprise
- Le Consuel refuse systématiquement toute installation où un circuit n’est pas couvert par un différentiel 30 mA
Sommaire
- Pourquoi 30 mA et pas 300 ou 500 mA
- Ce que dit la norme NF C 15-100
- Différence entre interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel
- Types de différentiels : AC, A, F et B
- Combien de différentiels par tableau
- Répartition des circuits sous chaque différentiel
- Cas particuliers : salle de bain, extérieur, IRVE
- Prix et coûts d’installation d’un différentiel 30 mA
- Erreurs fréquentes et non-conformités
- Comment vérifier votre installation existante
Quand un client me demande pourquoi son tableau a disjoncté, la première chose que je regarde, c’est la protection différentielle. En vingt-trois ans de chantiers en Isère, je peux vous dire que le différentiel 30 mA est la pièce maîtresse de la sécurité électrique d’un logement. Sans lui, un simple défaut d’isolement sur un appareil peut provoquer une électrocution mortelle. C’est aussi le point que le contrôleur Consuel vérifie en premier lors de sa visite.
Je vous explique ici tout ce qu’il faut savoir : pourquoi 30 mA, combien il en faut, quel type choisir, comment les répartir, et les erreurs que je corrige chaque semaine sur les chantiers.
Pourquoi 30 mA et pas 300 ou 500 mA
Le seuil de 30 milliampères n’est pas un chiffre choisi au hasard. Il correspond à la limite de courant de fuite qu’un corps humain peut supporter sans risque de fibrillation cardiaque. Au-delà de 30 mA pendant plus de 30 millisecondes, le cœur peut s’arrêter.
Les différentiels 300 mA ou 500 mA existent, mais ils protègent les biens (incendie) et non les personnes. Ils sont utilisés en tête d’installation, au niveau du disjoncteur de branchement ENEDIS. Le 300 mA protège contre les échauffements et les amorçages ; le 30 mA protège contre l’électrocution.

Concrètement, si vous touchez un fil dénudé ou un appareil en défaut, le différentiel 30 mA détecte la fuite de courant vers la terre et coupe l’alimentation en moins de 40 ms. C’est plus rapide qu’un battement de cœur. Sans cette protection, c’est votre corps qui devient le conducteur entre la phase et la terre.
J’insiste sur un point : un disjoncteur classique (10 A, 16 A, 20 A) ne protège pas contre l’électrocution. Il protège contre les surintensités et les courts-circuits. Seul le différentiel 30 mA assure la protection des personnes.
Ce que dit la norme NF C 15-100
La norme NF C 15-100, dans son amendement A5 (novembre 2015), est sans ambiguïté : tous les circuits d’un logement doivent être protégés par un dispositif différentiel à courant résiduel (DDR) de sensibilité 30 mA. Il n’existe aucune exception en habitat résidentiel.
Cette obligation s’applique :
- À toute construction neuve depuis 2002
- À toute rénovation totale de l’installation électrique
- À tout ajout de circuit sur une installation existante, même partielle
- Au remplacement d’un tableau électrique
En rénovation partielle sans modification du tableau, la norme ne vous oblige pas à reprendre toute l’installation. Mais dès que vous touchez au tableau ou ajoutez un circuit, les nouveaux circuits doivent être sous 30 mA. Et en pratique, je recommande toujours de mettre l’ensemble sous protection différentielle, ne serait-ce que pour la sécurité de votre famille.
La norme impose également un nombre minimum de DDR 30 mA en fonction de la surface du logement, et au moins un de type A. J’y reviens en détail plus bas.
Pour comprendre l’ensemble des obligations du tableau électrique aux normes, je vous renvoie à mon article dédié.
Différence entre interrupteur différentiel et disjoncteur différentiel
C’est la question que je reçois le plus souvent, et la confusion est compréhensible. Les deux contiennent le mot « différentiel », mais leur fonction n’est pas la même.
L’interrupteur différentiel (ID) ne fait qu’une chose : il détecte la fuite de courant et coupe. Il ne protège pas contre les surintensités ni les courts-circuits. C’est pour cela qu’on place toujours des disjoncteurs divisionnaires (10 A, 16 A, 20 A, 32 A) en aval, sur chaque circuit.
Le disjoncteur différentiel combine les deux fonctions : protection différentielle 30 mA et protection contre les surintensités. Il est plus cher, plus encombrant (il prend plus de modules dans le tableau), mais il protège un circuit unique de manière autonome.
En habitat résidentiel, la norme NF C 15-100 n’impose pas de disjoncteur différentiel. Elle impose des DDR 30 mA, ce qui peut être satisfait par de simples interrupteurs différentiels en tête de rangée, associés à des disjoncteurs divisionnaires classiques.
| Critère | Interrupteur différentiel (ID) | Disjoncteur différentiel |
|---|---|---|
| Protection différentielle 30 mA | Oui | Oui |
| Protection surintensité | Non | Oui |
| Encombrement tableau | 2 modules | 3 à 4 modules |
| Prix moyen | 25 à 80 € | 80 à 200 € |
| Usage courant en logement | En tête de rangée (protège 8 circuits) | Sur un circuit unique sensible (congélateur, alarme) |
| Obligation NF C 15-100 | Suffisant | Non exigé |
Dans la pratique, j’utilise des interrupteurs différentiels en tête de rangée pour la majorité des circuits, et je réserve le disjoncteur différentiel aux équipements critiques comme le congélateur ou le système d’alarme. Cela permet d’isoler ces circuits : si un autre appareil provoque un défaut, le congélateur continue de fonctionner.

Types de différentiels : AC, A, F et B
Tous les différentiels 30 mA ne se valent pas. Ils sont classés selon le type de courant de fuite qu’ils sont capables de détecter.
Type AC : détecte les fuites de courant alternatif sinusoïdal. C’est le modèle de base, suffisant pour l’éclairage, les prises classiques, le chauffe-eau, le chauffage électrique.
Type A : détecte les fuites de courant alternatif et les composantes continues pulsées. Obligatoire pour les circuits alimentant des appareils à électronique de puissance : plaques de cuisson à induction, lave-linge, bornes de recharge, certains systèmes de chauffage avec variateur.
Type F : détecte les mêmes courants que le type A, plus les fuites haute fréquence. Recommandé pour les circuits alimentant des pompes à chaleur, climatiseurs, variateurs de vitesse.
Type B : détecte tous les types de courants de fuite, y compris le courant continu pur. Exigé pour certaines bornes de recharge IRVE sans détecteur de courant continu intégré.
La norme NF C 15-100 impose au minimum :
- 1 interrupteur différentiel de type A pour protéger le circuit de la plaque de cuisson et celui du lave-linge
- Le reste peut être en type AC
En pratique, de plus en plus de fabricants recommandent de passer tous les différentiels en type A, car les appareils à électronique embarquée se multiplient (sèche-linge, four à pyrolyse, pompe à chaleur). Le surcoût est d’environ 10 à 15 € par différentiel, et cela évite bien des déclenchements intempestifs.
Combien de différentiels par tableau
La norme NF C 15-100 fixe un nombre minimum d’interrupteurs différentiels 30 mA en fonction de la surface du logement :
| Surface du logement | Nombre minimum de DDR 30 mA | Dont type A minimum |
|---|---|---|
| Jusqu’à 35 m² (T1-T2) | 2 | 1 |
| De 35 à 100 m² (T2-T4) | 3 | 1 |
| Plus de 100 m² (T5+) | 4 | 1 |
Ce sont des minimums. Sur mes chantiers en Isère, je pose régulièrement 4 à 5 différentiels même pour un T3 de 70 m², parce que la règle des 8 circuits maximum par DDR est vite atteinte. Un T3 standard compte facilement 15 à 20 circuits : éclairages, prises, four, plaque, lave-linge, sèche-linge, chauffe-eau, VMC, volets roulants, chauffage par zone.
Un conseil que je donne toujours : prévoyez une rangée supplémentaire dans votre tableau. Cela ne coûte presque rien à l’installation et vous évitera de tout reprendre le jour où vous ajoutez une borne de recharge ou une pompe à chaleur. J’en parle en détail dans mon guide sur le choix et la mise aux normes du tableau électrique.
Répartition des circuits sous chaque différentiel
La répartition des circuits sous les différentiels est un point technique majeur que beaucoup d’installateurs bâclent. Pourtant, une mauvaise répartition entraîne des coupures générales à la moindre fuite, ce qui est à la fois dangereux et très inconfortable.
Voici les règles que j’applique systématiquement :
Règle n°1 : maximum 8 circuits par interrupteur différentiel. C’est une exigence de la norme. Au-delà, le risque de déclenchement intempestif par cumul de fuites naturelles augmente.
Règle n°2 : répartir les circuits de même nature sur des différentiels distincts. Si votre éclairage est entièrement sur un seul différentiel et qu’il déclenche, vous êtes dans le noir total. Je répartis toujours l’éclairage sur au moins deux DDR, idem pour les prises.
Règle n°3 : les circuits spécialisés sous type A. La plaque de cuisson, le lave-linge, le sèche-linge et la borne de recharge doivent être sous un différentiel de type A minimum.
Règle n°4 : le circuit congélateur isolé. Je place systématiquement le circuit du congélateur sous un disjoncteur différentiel dédié ou seul en fin de rangée. En cas de déclenchement d’un autre circuit, le congélateur reste alimenté et vous ne perdez pas vos aliments.
Voici un exemple de répartition pour un T3 de 70 m² que j’ai câblé récemment à Grenoble :
| DDR | Type | Circuits protégés | Nb circuits |
|---|---|---|---|
| Rangée 1 | Type A 40 A | Plaque induction, lave-linge, sèche-linge, prises cuisine | 6 |
| Rangée 2 | Type AC 40 A | Éclairage chambres et salon, prises chambres, VMC | 7 |
| Rangée 3 | Type AC 40 A | Éclairage cuisine et SDB, prises salon, chauffe-eau, four | 6 |
| Rangée 4 | Type A 40 A | Chauffage zone 1, chauffage zone 2, volets roulants, congélateur | 4 |
Vous remarquez que l’éclairage est réparti sur les rangées 2 et 3, et que les prises sont aussi sur deux rangées distinctes. En cas de déclenchement d’un différentiel, vous conservez toujours de la lumière et des prises fonctionnelles. C’est une des non-conformités fréquentes que je corrige sur les installations existantes.
Cas particuliers : salle de bain, extérieur, IRVE
Salle de bain
La salle de bain est la pièce la plus réglementée en matière d’électricité. Tous les circuits de la salle de bain doivent être sous différentiel 30 mA, ce qui est de toute façon le cas puisque tous les circuits du logement le sont. Mais la norme impose en plus des règles de volumes qui déterminent quel matériel peut être installé et où. La liaison équipotentielle supplémentaire (LES) est également obligatoire : elle relie à la terre toutes les masses métalliques (tuyaux, baignoire, radiateur). J’ai détaillé les 4 volumes de la salle de bain NF C 15-100 dans un article avec schéma.

Circuits extérieurs
Les prises et éclairages extérieurs (terrasse, jardin, portail, éclairage de façade) doivent également être sous 30 mA. Je recommande de les placer sur un différentiel dédié, car les circuits extérieurs sont plus exposés à l’humidité et aux défauts d’isolement. Un déclenchement extérieur ne coupera pas l’intérieur de la maison.
Borne de recharge IRVE
Pour une borne de recharge de véhicule électrique, la norme impose un circuit dédié avec protection différentielle 30 mA. Le type de différentiel dépend de la borne :
- Borne avec détecteur DC intégré (la majorité des modèles récents) : type A suffisant
- Borne sans détecteur DC : type B obligatoire (attention, cela coûte 200 à 400 € pour le différentiel seul)
Dans tous les cas, le circuit IRVE nécessite un disjoncteur dédié de calibre adapté (20 A pour une prise renforcée, 32 A ou 40 A pour une wallbox). Je détaille toute la procédure dans mon guide d’installation de borne de recharge.
Prix et coûts d’installation d’un différentiel 30 mA
Les prix varient selon le type de différentiel, la marque et le calibre. Voici les fourchettes que je pratique en 2026 en Isère, fourniture et pose comprises :
| Type de différentiel | Prix fourniture seule | Prix posé (ajout sur tableau existant) |
|---|---|---|
| Interrupteur différentiel 30 mA type AC 40 A | 25 à 50 € | 180 à 280 € |
| Interrupteur différentiel 30 mA type A 40 A | 35 à 65 € | 200 à 320 € |
| Interrupteur différentiel 30 mA type F 40 A | 60 à 100 € | 250 à 380 € |
| Disjoncteur différentiel 30 mA type AC | 80 à 130 € | 280 à 400 € |
| Disjoncteur différentiel 30 mA type A | 90 à 150 € | 300 à 450 € |
| Interrupteur différentiel type B (IRVE) | 200 à 400 € | 400 à 650 € |
Pour une rénovation électrique complète d’un logement, le coût des différentiels 30 mA représente environ 10 à 15 % du budget total du tableau. Sur un T3, comptez entre 150 et 350 € de fourniture pour les 3 à 4 interrupteurs différentiels nécessaires.
Je recommande de ne pas économiser sur la marque. Les fabricants reconnus (Schneider Electric, Legrand, Hager, ABB) offrent des produits fiables, avec des courbes de déclenchement précises et une durée de vie supérieure à 20 ans. Un différentiel premier prix qui déclenche sans raison ou qui ne déclenche pas au bon moment, c’est le pire des scénarios.
Erreurs fréquentes et non-conformités
En vingt-trois ans de métier, je vois les mêmes erreurs revenir sur les chantiers. Voici les plus courantes, que je corrige parfois plusieurs fois par semaine :
Pas de différentiel du tout. Sur les installations d’avant 2002, c’est encore très fréquent. Le tableau ne comporte que des fusibles ou des disjoncteurs divisionnaires, sans aucune protection différentielle 30 mA. C’est le cas le plus dangereux.
Un seul différentiel pour tout le tableau. Techniquement, un seul ID 30 mA en tête peut protéger tous les circuits. Mais au moindre défaut, c’est toute la maison qui se coupe. Plus de lumière, plus de réfrigérateur, plus de chauffage. La norme impose au minimum 2 DDR pour cette raison.
Type AC partout. Je vois souvent des tableaux avec uniquement des différentiels type AC, y compris sur le circuit de la plaque à induction. Le type AC ne détecte pas les composantes continues pulsées. Résultat : soit le différentiel ne déclenche pas en cas de défaut (dangereux), soit il déclenche de manière aléatoire.
Plus de 8 circuits par différentiel. C’est une non-conformité que le Consuel relève systématiquement. J’en parle dans mon article sur les 15 non-conformités les plus fréquentes.
Mauvais calibre du différentiel. Un interrupteur différentiel de 40 A ne doit pas protéger des circuits dont la somme des calibres des disjoncteurs divisionnaires dépasse sa capacité en conditions réelles. En monophasé 45 A (abonnement 9 kVA), il faut des DDR de 40 A minimum. Pour un abonnement 12 kVA (60 A), il faut du 63 A.
Fil de terre absent ou mal raccordé. Un différentiel 30 mA ne peut fonctionner que si la terre est correctement raccordée. Sans terre, le courant de fuite n’a pas de chemin de retour, et le différentiel ne détecte rien. C’est un piège classique des maisons anciennes où la terre a été « oubliée » sur certains circuits. Si vous constatez qu’une prise électrique chauffe, c’est souvent un signe que la terre est défaillante.
Comment vérifier votre installation existante
Vous pouvez réaliser quelques vérifications simples avant de faire appel à un professionnel :
1. Ouvrez votre tableau électrique. Repérez les interrupteurs différentiels en tête de rangée. Ils sont plus larges que les disjoncteurs divisionnaires (2 modules au lieu de 1) et portent la mention « 30 mA » et un pictogramme de type (AC, A, F).
2. Comptez les différentiels. Si vous n’en avez qu’un seul, ou aucun, votre installation n’est pas conforme à la norme actuelle.
3. Appuyez sur le bouton test. Chaque interrupteur différentiel possède un petit bouton marqué « T » ou « Test ». En appuyant dessus, le différentiel doit couper instantanément. Si rien ne se passe, le différentiel est défaillant et doit être remplacé en urgence. Ce test doit être effectué tous les 6 mois selon les recommandations des fabricants.
4. Vérifiez le type. Si tous vos différentiels portent la mention « AC » et que vous avez une plaque à induction ou un lave-linge, au moins un devrait être de type A.
5. Comptez les circuits par rangée. Si une rangée comporte plus de 8 disjoncteurs divisionnaires sous un même différentiel, la répartition n’est pas conforme.
Si vous avez le moindre doute, faites réaliser un diagnostic électrique par un professionnel certifié. En Isère, j’interviens sur tout le département (Grenoble, Voiron, Bourgoin-Jallieu, Vienne, Sud-Isère, Vercors) pour des diagnostics et des mises en conformité. Pour comprendre comment se déroule le contrôle officiel, consultez mon article sur la visite Consuel.
Si vous envisagez des travaux d’optimisation de votre consommation électrique, c’est aussi l’occasion idéale de mettre votre tableau aux normes.
À retenir
- Le différentiel 30 mA est obligatoire sur tous les circuits d’un logement neuf ou rénové ; c’est la seule protection contre l’électrocution
- Prévoyez au minimum 1 différentiel de type A pour la plaque à induction et le lave-linge, le reste peut être en type AC
- Ne dépassez jamais 8 circuits par interrupteur différentiel et répartissez éclairages et prises sur au moins deux DDR distincts
- Testez le bouton « T » de chaque différentiel tous les 6 mois : s’il ne déclenche pas, faites-le remplacer immédiatement
- Pour un abonnement de 9 kVA utilisez des DDR 40 A ; pour 12 kVA et au-delà, passez en 63 A
Questions fréquentes
Est-ce que le différentiel 30 mA est obligatoire dans une maison ancienne ?
En l’état, non : la norme NF C 15-100 ne s’applique rétroactivement que lors d’une rénovation totale ou d’un remplacement du tableau. Cependant, si votre installation n’a aucune protection 30 mA, elle présente un risque réel d’électrocution. Je recommande vivement de faire ajouter des interrupteurs différentiels même sans obligation légale immédiate. Le coût est modeste (180 à 450 € par DDR posé) comparé au risque encouru.
Pourquoi mon différentiel 30 mA saute-t-il sans raison apparente ?
Il y a toujours une raison. Les causes les plus fréquentes sont : un appareil en défaut d’isolement (lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau vieillissant), un circuit extérieur exposé à l’humidité, un câble abîmé dans une cloison, ou un cumul de micro-fuites sur trop de circuits sous un même DDR. Pour identifier l’appareil fautif, débranchez-les un par un et réarmez le différentiel à chaque fois. Si le problème persiste, faites intervenir un électricien qui mesurera l’isolement de chaque circuit avec un mégohmmètre.
Quelle est la différence entre un différentiel 30 mA et un différentiel 300 mA ?
Le 30 mA protège les personnes contre l’électrocution : il coupe dès qu’une fuite de courant dépasse 30 milliampères. Le 300 mA protège les biens contre les risques d’incendie par échauffement. Le 300 mA se trouve généralement au niveau du disjoncteur de branchement ENEDIS, en amont du tableau. Les deux sont complémentaires et ne se substituent pas l’un à l’autre.
Peut-on installer soi-même un interrupteur différentiel 30 mA ?
Légalement, rien ne l’interdit pour votre propre logement. En pratique, je le déconseille fortement si vous n’avez pas de formation en électricité. Un mauvais raccordement (inversion phase-neutre, oubli du serrage, calibre inadapté) peut rendre la protection inopérante tout en vous donnant une fausse impression de sécurité. De plus, si vous faites appel au Consuel pour valider votre installation, un défaut de pose sera relevé. Faites appel à un électricien qualifié.
Combien coûte la mise en conformité d’un tableau sans différentiel 30 mA ?
Pour un tableau existant en bon état où il suffit d’ajouter les interrupteurs différentiels, comptez entre 500 et 1 200 € pour 3 DDR posés avec reprise du câblage. Si le tableau est vétuste (fusibles à broches, absence de bornier terre), un remplacement complet sera nécessaire : entre 1 500 et 3 500 € selon le nombre de circuits. Je fournis toujours un devis détaillé avant intervention, avec le modèle exact de chaque composant.
Quel type de différentiel faut-il pour une borne de recharge de voiture électrique ?
Si votre borne intègre un détecteur de courant continu résiduel (RDC-DD), ce qui est le cas de la plupart des wallbox récentes, un différentiel de type A suffit. Si la borne n’en dispose pas, il faut un différentiel de type B, nettement plus coûteux (200 à 400 €). Vérifiez la fiche technique de votre borne ou demandez conseil à votre installateur. Un circuit IRVE doit toujours être dédié et indépendant des autres circuits du logement.
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.