Dans cet article
- Un devis d’électricité doit comporter 7 mentions légales obligatoires imposées par le Code de la consommation et le Code de commerce, sous peine de sanctions
- L’absence de la mention RGE ou du numéro de décennale sur un devis est un signal d’alerte majeur : vous perdez vos droits en cas de malfaçon
- Le détail ligne par ligne (fournitures, main-d’œuvre, TVA) doit apparaître poste par poste, pas en forfait global, pour comparer les offres et suivre le chantier
- Un devis signé vaut contrat : sa durée de validité (souvent 30 à 90 jours) engage l’artisan sur les prix annoncés
- Le client dispose d’un délai de rétractation de 14 jours pour tout démarchage à domicile, et le devis doit le mentionner explicitement
- Je vous montre un exemple concret de devis conforme ligne par ligne, tel que je les rédige sur mes chantiers en Isère
Sommaire
- Pourquoi vérifier son devis d’électricité ligne par ligne
- Ligne 1 : identification complète de l’artisan électricien
- Ligne 2 : informations du client et adresse du chantier
- Ligne 3 : description détaillée des travaux poste par poste
- Ligne 4 : prix unitaires, quantités et total HT
- Ligne 5 : TVA applicable et total TTC
- Ligne 6 : conditions d’exécution, durée de validité et délais
- Ligne 7 : assurances, certifications et droit de rétractation
- Tableau comparatif : devis conforme vs devis incomplet
- Les erreurs fréquentes que je vois sur les devis concurrents
- Mes conseils pratiques pour comparer plusieurs devis
Pourquoi vérifier son devis d’électricité ligne par ligne
Depuis 2003, j’ai vu passer des centaines de devis rédigés par d’autres artisans entre les mains de mes clients. Certains tenaient sur trois lignes, sans numéro de décennale, sans détail des fournitures, avec un simple « forfait électricité complète ». Le client signait parce que le prix semblait attractif ; six mois plus tard, il se retrouvait sans recours face à une malfaçon ou un surcoût imprévu.
Un devis d’électricité n’est pas une formalité administrative. C’est un contrat qui vous protège. Dès que vous le signez, il engage l’artisan sur le contenu, les prix et les délais. Encore faut-il que ce contenu soit complet et conforme aux obligations légales.
Le Code de la consommation (articles L.111-1 et suivants) impose un socle de mentions obligatoires sur tout devis de prestations de services. Pour les travaux d’électricité, ces exigences se combinent avec les obligations du Code de commerce et les spécificités de notre métier : certifications, normes, assurances professionnelles.
J’ai structuré cet article autour des 7 lignes essentielles qu’un devis d’électricité doit contenir. Ce ne sont pas 7 lignes au sens littéral d’un tableur, mais 7 blocs d’informations que je vérifie systématiquement quand un client me montre un devis concurrent. Si l’un de ces blocs manque, c’est un signal d’alerte.

Ligne 1 : identification complète de l’artisan électricien
C’est la base, et pourtant je reçois encore des devis où le nom de l’entreprise est à peine lisible, sans numéro SIRET ni adresse du siège. Voici ce qui doit figurer :
- Nom ou raison sociale de l’entreprise (EI, SARL, SAS, etc.)
- Numéro SIRET (14 chiffres) : il permet de vérifier que l’entreprise existe et est déclarée
- Adresse du siège social ou de l’établissement principal
- Numéro de téléphone et adresse e-mail de contact
- Forme juridique et capital social pour les sociétés
- Le numéro RCS (registre du commerce) ou le numéro au répertoire des métiers
Pourquoi c’est important ? Parce qu’en cas de litige, vous devez pouvoir identifier précisément votre cocontractant. Un devis signé « Jean-Pierre, électricien » sans SIRET ne vous mènera nulle part devant un tribunal. Vérifiez le SIRET sur le site sirene.fr de l’INSEE avant de signer : c’est gratuit et instantané.
Quand je rédige mes devis, j’ajoute systématiquement mon numéro de TVA intracommunautaire. Ce n’est pas toujours obligatoire pour un artisan en France, mais cela renforce la transparence. Un artisan qui n’ose pas afficher ses identifiants légaux doit vous interroger.
Ligne 2 : informations du client et adresse du chantier
Le devis doit identifier clairement les deux parties. Côté client, les mentions obligatoires sont :
- Nom et prénom (ou raison sociale si le client est un professionnel)
- Adresse de facturation
- Adresse du chantier si elle diffère de l’adresse de facturation
Ce dernier point est crucial en électricité. Je travaille régulièrement pour des propriétaires bailleurs en Isère qui habitent à Grenoble mais possèdent un appartement à Voiron ou une maison dans le Vercors. Si le devis ne précise pas l’adresse exacte du chantier, comment prouver que les travaux ont été réalisés au bon endroit en cas de sinistre ?
J’indique aussi systématiquement la date de la visite technique préalable sur le devis. Ce n’est pas une obligation légale stricte, mais cela prouve que j’ai diagnostiqué l’installation avant de chiffrer. Un électricien RGE sérieux ne chiffre jamais à distance une rénovation complète.
Ligne 3 : description détaillée des travaux poste par poste
C’est ici que la différence se fait entre un devis sérieux et un devis bâclé. L’article L.111-1 du Code de la consommation exige que le professionnel communique les caractéristiques essentielles du service. En électricité, cela signifie :
- La nature exacte de chaque intervention : remplacement du tableau électrique, création de circuits, passage de câbles, pose de prises, installation de points lumineux
- Les références précises du matériel : marque et modèle du tableau, type de disjoncteurs (courbe C, courbe D), section des câbles (1,5 mm², 2,5 mm², 6 mm²), modèle des prises et interrupteurs
- Les quantités : nombre de prises à poser, nombre de circuits à créer, mètres linéaires de câble à tirer
- La norme de référence : NF C 15-100 pour les installations neuves et rénovées
Quand je rédige un devis pour une rénovation électrique complète, je distingue toujours les postes suivants : dépose de l’ancienne installation, fourniture du tableau et des protections, câblage des circuits (éclairage, prises, spécialisés), pose de l’appareillage, raccordement, test et mise en service, nettoyage du chantier.
Un forfait global du type « rénovation électrique : 8 000 € » est insuffisant. Comment savoir si le prix inclut le remplacement des disjoncteurs défaillants ? Comment vérifier que la pose de spots encastrés avec les bons indices IP est bien prévue ? Impossible sans détail.

Ligne 4 : prix unitaires, quantités et total HT
Le détail financier est le cœur du devis. Chaque poste décrit dans la ligne 3 doit être associé à :
- Un prix unitaire HT pour les fournitures (exemple : disjoncteur 20A courbe C Schneider : 12,50 € HT)
- Un taux horaire ou forfait de main-d’œuvre HT par poste (exemple : pose et raccordement tableau 3 rangées : 450 € HT)
- Les quantités précises
- Le sous-total HT par poste
- Le total général HT
Séparer fournitures et main-d’œuvre permet au client de comparer intelligemment. Si un artisan propose un tableau à 2 000 € et un autre à 3 500 € pour la même maison, le détail révèle souvent que le second a prévu plus de circuits spécialisés, de meilleurs disjoncteurs différentiels, ou un délesteur pour optimiser la puissance souscrite.
Sur mes chantiers en Isère, le taux horaire main-d’œuvre d’un électricien qualifié se situe entre 45 et 65 € HT selon la complexité de l’intervention. Pour une mise aux normes complète d’un T3 de 70 m², comptez entre 4 500 et 9 800 € TTC tout compris. Ce sont des fourchettes réelles issues de mes chantiers, pas des estimations théoriques.
Les frais de déplacement doivent aussi apparaître clairement, surtout si le chantier se situe dans le Vercors ou en zone de montagne où les temps de trajet sont plus longs.
Ligne 5 : TVA applicable et total TTC
La TVA en travaux d’électricité est un sujet que beaucoup de clients (et certains artisans) maîtrisent mal. Il existe trois taux possibles :
| Taux de TVA | Conditions d’application | Exemple concret |
|---|---|---|
| 10 % | Travaux d’amélioration, transformation ou aménagement dans un logement de plus de 2 ans | Remplacement d’un tableau électrique, ajout de prises, rénovation partielle |
| 5,5 % | Travaux de rénovation énergétique dans un logement de plus de 2 ans (sous conditions) | Installation d’un système de régulation du chauffage, pose d’une pompe à chaleur avec alimentation dédiée |
| 20 % | Logement neuf (moins de 2 ans) ou travaux qui ne remplissent pas les conditions des taux réduits | Installation électrique complète dans une construction neuve |
Le devis doit mentionner explicitement le taux de TVA appliqué à chaque poste, car il est fréquent qu’un même chantier combine plusieurs taux. Par exemple, si j’installe une borne de recharge IRVE dans une maison de plus de 2 ans, la borne et sa pose bénéficient du taux réduit de 5,5 % (rénovation énergétique), tandis que la création d’un circuit dédié depuis le tableau peut relever du 10 %.
Pour bénéficier du taux réduit, le client doit remplir et signer une attestation simplifiée (cerfa n° 1301-SD). Je fournis toujours ce document avec le devis. Si un artisan ne vous le demande pas, vérifiez qu’il applique bien le bon taux : la responsabilité est solidaire entre le client et le professionnel en cas de contrôle fiscal.
Le total TTC doit apparaître de manière clairement visible, idéalement en gras et en bas du devis. C’est le montant que le client paiera réellement. Pour les chantiers pouvant bénéficier des aides à la rénovation en Isère (CEE, MaPrimeRénov’, éco-PTZ), j’ajoute une note précisant le « reste à charge estimé » après déduction des aides.
Ligne 6 : conditions d’exécution, durée de validité et délais
Un devis sans date de validité ni calendrier prévisionnel est un devis bancal. Voici les informations à exiger :
- Durée de validité du devis : généralement 30, 60 ou 90 jours. Au-delà, l’artisan peut réviser ses prix (le cuivre, les tableaux, les gaines fluctuent). Je fixe mes devis à 60 jours pour laisser au client le temps de comparer
- Délai de démarrage estimé : en Isère, comptez actuellement entre 2 et 6 semaines selon la saison et l’ampleur du chantier
- Durée prévisionnelle des travaux : remplacer un tableau seul prend 1 à 2 jours ; une rénovation complète d’un T4 de 90 m² demande 5 à 12 jours ouvrés
- Modalités de paiement : échelonnement éventuel, acompte à la commande (souvent 30 % pour couvrir l’achat du matériel), solde à la réception
- Conditions d’annulation et pénalités éventuelles
L’acompte est un point sensible. La loi n’impose pas de plafond pour les acomptes entre particuliers et artisans, mais un acompte supérieur à 30 % du total TTC doit vous alerter. Personnellement, je demande 30 % à la signature pour les chantiers dépassant 3 000 € TTC, ce qui me permet de commander le matériel sans avancer l’intégralité.
J’inscris aussi les conditions d’accès au chantier : le client doit-il vider une pièce ? Faut-il une autorisation de copropriété ? L’électricité sera-t-elle coupée pendant combien de temps ? Ces précisions évitent les malentendus le jour J.

Ligne 7 : assurances, certifications et droit de rétractation
C’est la ligne que les clients oublient de vérifier, et c’est pourtant la plus protectrice en cas de sinistre.
Assurance décennale
Tout artisan du bâtiment doit souscrire une garantie décennale couvrant les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination pendant 10 ans. Le devis doit mentionner :
- Le nom de la compagnie d’assurance
- Le numéro de contrat
- La couverture géographique
Demandez une copie de l’attestation en cours de validité. Un artisan qui refuse de la fournir n’est probablement pas assuré, et vous seriez seul responsable en cas de court-circuit provoquant un incendie trois ans plus tard.
Certifications professionnelles
Pour les travaux de rénovation énergétique ouvrant droit aux aides publiques, l’artisan doit être certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Le devis doit mentionner le numéro et la période de validité de cette certification. J’ai détaillé les questions à poser dans mon article sur les critères de choix d’un électricien RGE en Isère.
La certification Qualifelec est un label spécifique aux électriciens. Elle atteste d’un niveau de compétence vérifié par un organisme indépendant. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un gage de sérieux que je porte depuis le début de mon activité.
Droit de rétractation
Si l’artisan est venu chez vous pour proposer ses services (démarchage à domicile), vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours conformément à l’article L.221-18 du Code de la consommation. Le devis doit :
- Mentionner l’existence de ce droit
- Joindre un formulaire de rétractation type
- Préciser que les travaux ne peuvent pas commencer avant l’expiration du délai, sauf demande expresse du consommateur
Attention : si c’est vous qui avez contacté l’artisan pour demander un devis, le droit de rétractation de 14 jours ne s’applique pas en principe. Mais un bon artisan mentionne cette information dans tous les cas, par transparence.
Tableau comparatif : devis conforme vs devis incomplet
Pour vous aider à évaluer rapidement la qualité d’un devis, voici un tableau de contrôle que j’utilise quand mes clients me demandent de relire une offre concurrente :
| Mention | Devis conforme | Devis incomplet (signal d’alerte) |
|---|---|---|
| Identité de l’artisan | Nom, SIRET, adresse, RCS | Nom seul, pas de SIRET |
| Client et chantier | Nom, adresse facturation + adresse chantier | Adresse unique ou absente |
| Description des travaux | Détail poste par poste avec références matériel | « Forfait rénovation électrique » |
| Prix | Prix unitaire HT, quantités, sous-totaux, total HT | Prix global unique sans ventilation |
| TVA | Taux par poste, attestation cerfa jointe, total TTC | Un seul taux sans justification |
| Conditions | Validité, délais, acompte, pénalités, paiement | Aucune date, aucune condition |
| Assurances / certifications | Décennale, RGE, Qualifelec, droit de rétractation | Aucune mention d’assurance |
Si plus de deux cases tombent dans la colonne « signal d’alerte », je recommande de demander un nouveau devis ou de changer d’artisan. Un professionnel qui bâcle son devis bâclera probablement son chantier.
Les erreurs fréquentes que je vois sur les devis concurrents
En plus de vingt ans de métier en Isère, j’ai identifié des erreurs récurrentes sur les devis d’électricité. Les voici, classées par gravité :
Le forfait opaque
« Rénovation électrique complète : 7 500 €. » Point final. Aucun détail sur le nombre de circuits, le modèle du tableau, la section des câbles. Comment savoir si le prix couvre le remplacement du différentiel 30 mA ou juste un rafistolage du tableau existant ? Impossible.
L’oubli de la visite technique
Un devis envoyé par e-mail après un simple échange téléphonique, sans visite sur place. En rénovation, c’est une aberration. Je dois voir l’état des câbles, vérifier la section des conducteurs, évaluer la difficulté des saignées, repérer les prises qui chauffent ou les interrupteurs qui grésillent. Un chiffrage à l’aveugle garantit un dépassement budgétaire.
L’absence de mention « NF C 15-100 »
Si le devis ne cite pas la norme de référence, demandez-vous si l’artisan la connaît. La NF C 15-100 définit le nombre minimum de prises par pièce, les circuits spécialisés obligatoires (four, lave-linge, plaques), les protections différentielles. Un devis qui l’ignore produit une installation qui ne passera pas le Consuel.
La TVA mal appliquée
J’ai vu des devis appliquer 20 % de TVA sur une rénovation dans une maison de 1970 alors que le taux réduit de 10 % s’appliquait. Résultat : le client payait 10 % de trop. À l’inverse, certains artisans appliquent abusivement le 5,5 % sur des travaux qui n’y ont pas droit, ce qui expose le client à un redressement fiscal.
Pas de date de validité
Un devis sans date de validité est valable indéfiniment en théorie, mais en pratique l’artisan peut contester les prix après quelques mois. Exigez une durée de validité écrite et signez dans ce délai si le devis vous convient.
Mes conseils pratiques pour comparer plusieurs devis
Demander trois devis est une bonne pratique, mais encore faut-il savoir les lire et les comparer. Voici ma méthode :
Alignez les postes
Créez un tableau simple avec les postes en ligne et les artisans en colonne. Comparez chaque poste individuellement : tableau, circuits éclairage, circuits prises, circuits spécialisés, appareillage, main-d’œuvre. Un devis global 20 % moins cher peut cacher un matériel bas de gamme ou des circuits manquants.
Vérifiez les marques
Un disjoncteur Schneider, Legrand ou Hager n’a pas le même prix ni la même fiabilité qu’un produit sans marque importé. Le devis doit préciser les références. Un bon artisan travaille avec du matériel certifié NF et assume de le mentionner.
Comptez les circuits spécialisés
La NF C 15-100 impose des circuits dédiés pour le four, les plaques, le lave-linge, le sèche-linge, le lave-vaisselle, le chauffe-eau. Si un devis « oublie » deux circuits spécialisés, le prix est artificiellement bas. Vérifiez que chaque gros appareil dispose de son circuit dédié avec la bonne section.
Interrogez sur le Consuel
En rénovation lourde, le passage du Consuel (organisme de contrôle des installations électriques) peut être nécessaire. Demandez si le devis inclut la préparation du dossier et les frais de visite (environ 120 à 180 € TTC). Un artisan qui élude la question n’est peut-être pas certain que son installation passera le contrôle.
Évaluez la garantie
Au-delà de la décennale, certains artisans proposent une garantie de parfait achèvement d’un an et une garantie biennale sur les équipements (prises, interrupteurs, appareillage design). Ces garanties doivent figurer sur le devis ou les conditions générales jointes.
Enfin, n’oubliez pas que le prix le plus bas n’est pas toujours le meilleur choix. Un devis bien détaillé, rédigé par un artisan certifié et assuré, avec des marques de matériel fiables, vaut souvent la différence de quelques centaines d’euros. En électricité, une malfaçon peut provoquer un départ de feu ou un dysfonctionnement chronique bien plus coûteux que l’économie initiale.
À retenir
- Exigez un devis qui détaille fournitures et main-d’œuvre séparément, avec les références exactes du matériel et la section des câbles
- Vérifiez la présence du numéro SIRET, de l’attestation de décennale et de la certification RGE avant de signer quoi que ce soit
- Contrôlez le taux de TVA appliqué à chaque poste : 5,5 %, 10 % ou 20 % selon la nature des travaux et l’ancienneté du logement
- Comparez les devis poste par poste, pas uniquement sur le total TTC : un devis 15 % moins cher peut simplement oublier deux circuits spécialisés
- Refusez tout devis sans durée de validité, sans calendrier prévisionnel et sans mention de la norme NF C 15-100
Questions fréquentes
Comment chiffrer un devis d’électricité ?
Pour chiffrer un devis d’électricité, je procède toujours en trois étapes. D’abord, la visite technique pour évaluer l’état de l’installation existante, le nombre de pièces, les circuits à créer et la difficulté d’accès. Ensuite, le métré : je compte les mètres linéaires de câble, le nombre de points lumineux, de prises, de circuits spécialisés. Enfin, j’applique mes prix unitaires (fournitures au tarif fournisseur majoré de ma marge, main-d’œuvre au taux horaire) et j’additionne les postes. Un logiciel de devis professionnel aide à ne rien oublier et à produire un document conforme.
En électricité, les « lignes » ou « rangées » d’un tableau désignent les rails DIN horizontaux sur lesquels se clipsent les disjoncteurs et les interrupteurs différentiels. Un tableau 2 rangées offre de la place pour environ 26 modules (13 par rangée). Pour un T3 standard, je préconise un tableau 3 ou 4 rangées afin de laisser de la réserve pour de futurs équipements. Cela n’a pas de rapport direct avec les « lignes » d’un devis, mais la confusion est fréquente chez les clients.Que signifient les lignes 1 et 2 en électricité dans un tableau ?
Un bon devis en électricité respecte les 7 blocs d’information obligatoires : identification de l’artisan, coordonnées du client et du chantier, description détaillée des travaux poste par poste, prix unitaires avec quantités, TVA détaillée et total TTC, conditions d’exécution avec délais et validité, assurances et certifications. Au-delà du contenu légal, un bon devis est lisible, structuré, et permet au client de comparer facilement avec d’autres offres. J’utilise un logiciel de facturation qui intègre automatiquement les mentions obligatoires pour ne jamais en oublier.Comment faire un bon devis en électricité ?
Le calcul de la main-d’œuvre repose sur le taux horaire de l’artisan multiplié par le temps estimé pour chaque poste. En Isère, un électricien qualifié facture entre 45 et 65 € HT de l’heure en 2026. Par exemple, la pose et le raccordement d’un tableau 4 rangées me prend environ 6 à 8 heures, soit 270 à 520 € HT de main-d’œuvre. Le temps varie selon la complexité : tirer un câble dans une gaine existante prend 15 minutes, créer une saignée dans un mur en pierre peut prendre 2 heures. L’expérience de l’artisan sur des chantiers similaires est le meilleur indicateur de la justesse du chiffrage.Comment calculer la main-d’œuvre d’un électricien ?
La majorité des artisans électriciens proposent des devis gratuits, y compris moi-même pour toutes les interventions en Isère. Cependant, pour les projets complexes nécessitant une étude approfondie (audit complet d’un bâtiment ancien, schéma unifilaire détaillé, calcul de puissance pour une installation industrielle), certains professionnels facturent la visite technique, généralement entre 50 et 150 € TTC. Ce montant est alors déduit du devis si le client signe. Dans tous les cas, l’artisan doit vous prévenir avant la visite si le devis est payant : un devis facturé sans information préalable n’est pas conforme.Un devis d’électricité est-il payant ?
La loi n’impose pas de durée de validité fixe pour un devis. C’est l’artisan qui la définit et l’inscrit sur le document, généralement entre 30 et 90 jours. Une fois signé par les deux parties, le devis vaut contrat et engage sur les prix et les prestations décrites. Si aucune durée n’est mentionnée, la jurisprudence considère que le devis est valable pendant un « délai raisonnable », apprécié au cas par cas. Mon conseil : signez dans le délai indiqué ou demandez un renouvellement écrit si vous avez besoin de plus de temps.Quelle est la durée de validité légale d’un devis signé ?
Laurent Vidal est artisan électricien indépendant en Isère depuis 2003. CAP et BP d'électricité, certifié RGE et Qualifelec, il intervient sur tout le département 38 en rénovation électrique, mise aux normes NF C 15-100, installations de bornes de recharge et dépannage urgent. Électricien 38 est son carnet technique en ligne.